CRECHE_

 

 Les animaux côtoient l'homme en paix dans les crêches de Noël et  les rêves des enfants ! Passé le conte et la fable, dévorés à table ils sont, arrachés à leur mère ils sont, saignés sur l'autel ils demeurent. Ainsi d'un cauchemar où s'ouvrent une à une les blessures des Mondes dont l'homme-orchestre le funeste ballet des ombres sanglantes

!

 

A la triste condition animale et ...!

 

 

J'ai vu  dans la rue, au beau  milieu des passants, indifférents, des hommes en blouses blanches maculées charrier des agneaux, des cabris, la tête tranchée, dépecés,  sanguinolents, versant leurs dernières  larmes de sang, avant la curée et la grand-messe païennes. 

Fêtons les Lumières, de raison

A deux pas de la grande boucherie achalandée, pour les circonstances, une crèche de Noël trônait, avec  ses santons de Provence ... On eût entendu la pastorale éponyme, l'ange Boufaréou à bout de souffle, les trompettes de la renommée  envoyant le coup d'envoi après que le Mistral eût  lavé le ciel. 

L'âne et le boeuf, le veau : parlons-en ! Du taureau lâchement assassiné dans l'arène au saucisson d'âne, il n'y a qu'un pas de viandards qui nous sépare, jusqu'aux sommets de l'état. Que nous dit la Bible si ce n'est de se repaître de barbaque, de partager l'agneau et le veau gras ... Non merci ! De regrettables paroles  qui mènent au Verbe Tuer en masse

!

Pauvre ânesse, à deux pas du foyer, sans abri, seule, sous des jours de pluie, dormant dans la boue. Je lui apporte souvent  de quoi manger... Dans les vitrines, il y a des crèches. Mais en vrai, elles n'existent pas !  et pourtant, l'âne et le boeuf ne réchauffèrent-ils pas le "  Messie "  ! 

Je noublie pas l'ami de l'homme, le Chien, souvent cogné, battu, martyrisé ; évoquons la fange dans laquelle il croupit, ( Témoignage local ) ! Chiens de chasse, une meute, rivée à la niche,  à même le sol  et la flache puante. Les pauvres bêtes besogneuses, aidant à tuer de force, pour  un quignon de pain et un mêtre de chaîne, ne voient jamais le soleil... Impunité, mais 

Par ici la monnaie et le tribut.

Dans les grandes surfaces, aux rengaines infernales excitant les basses zones du cerveau reptilien et du besoin primaire, des ours, des moutons blancs, des phoques et des otaries dodelinent de la tête ! C'est d'une tristesse. A la caisse, on somme le client d'ouvrir son sac, histoire de voir, de vérifier qu'il  ne se barre pas  à la dérobée avec un kilogramme de foie gras. Pauvres petits patrons ...!

Les holocaustes animaliers se déchaînent en ces jours très pieux, dépassent l'entendement. Les oies et les canards ont bien été violemment gavés, avant que les fils de l'Homme se fassent à leur tour exploser la panse à l'heure des agapes ! 

Aurait-on oublier le pain et le vin, la substance et le breuvage transcendés, transsubstitués et  spirituels à souhait qui eussent  épargné, respecté et loué enfin  la vie ? 

Ainsi, j'exècre comme je hais le temps des fêtes de fin d'année ; cette barbarie, ces tueries organisées et ces massacres d'animaux qui auront été parqués, engraissés, traités par antibiothérapie, immensément stressés, entassées dans les camions avant de sentir la mort commune et massive peser sur eux.

Et de ces étals marins, sans criée, de ce pillage incessant des océans, de ces  langoustes et homards vivants agonisant sur la glace, les pinces scotchées ! Jusqu'où, jusqu'à quand la démesure, le gaspillage des ressources ? 

Non, vraiment, végétarien dans l'âme, je me cantonne aux fruits de la mer et encore, avec parcimonie, tant de sobriété. Et s'il faut en de très rares occasions satisfaire aux usages, c'est bien la mort dans l'âme que je consens aux habitudes de l'hôte !

Alors, pour cela, en ces jours de  " fêtes " très injustement  localisées, je dis et je répète, en paraphrasant  G. Bloncourt : oui,  

" J'ai mal aux Mondes  "

A tous les déshérités, les Sdf, les pauvres, les opprimés, les abusés - Palestine- Irak - Syrie - Afganistan - Birmanie et j'en passe -,  contre toutes ces innommables tueries de bêtes qui achèvent de hurler à table, en saignant dans la  bouche, 

Contre la guerre des dogmes, les hiérarchies  immondes dont les doigts sont toujours couverts de bijoux, contre les donneurs de leçons qui font accroire aisément à un meilleur pouvoir d'achat à venir, je redis et répète : assez ! Ne prenez pas les gens pour des cons ...

Enfin, je ne sais pas si L. Tolstoï avait  raison d'affirmer  : " Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des guerres " mais il convient de rappeler que  " grand président ", un homme livra  au boucher de Gaza  pour 80 Millions de Dollars d'obus. Des milliers d'enfants Palestiniens  auront été ainsi  passés par les armes des F-16 US. Aujourd'hui, on pavane, à plus de 300000 Euro la conférence, lors d'un vol en jet à 350.000 Euro pour gagner 2 heures à l'emploi du temps : excécrable ! Pendant ce temps, les sans abris sont douchés dans la rue du commerce aux lustres de cristal ...

  Le Monde se porte bien, un bourreau se moque de l'ONU, en toute impunité et nous fait le déshonneur de sa visite : tapis rouge, banco, franco, un bon réveillon, mais ce sera sans moi

§ 

GHJORGHJU D'OTA 

Pour 

CORSICA...GO56

 

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