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Ne pas passer à côté de ces échos 

 

 

La pierre serre le bois
le bois fend la pierre
le gel et la chaleur
sont alliés
Un chêne prend racine 
répand en chemin
l'ombre fraîche
des ciels et des étés
L'eau  partout  flue
rêve dans le rêve

Plain-chant
que le maquis entonne
depuis les vents dominants
pressé de recouvrer
l'ivresse du printemps
en se penchant
aux balcons de l'hiver

Pareil au flot
le romarin en fleurs
jaillit et moutonne
entre arbustes
et rochers
comme il pallie
aux pâleurs d'un manque

Je suis le tombant
la mer pour unique compagne
Rien ne saurait ici   abjurer
Mais qu'une volte suffise
du côté de l'incendie
à dire l'offense portée
à la terre des Anciens 
brûlée

Stigmates    balafres
combes     adrets
et ubacs ravagés
par les flammes
La forêt meurt    hérissée
enténébrant les saisons
Est-ce un sacre
le funeste pas de deux
que s'accordent indifférence
et intérêts patentés

L'oeuvre de la montagne
aura été souillée
De la terre vers la mer
les noces ne sont plus
Mais du trait cinglant
de bitume qui se dresse
tel un rempart     un aveu
de complaisance

D'un côté du monde
noirceur et hideur
ramènent au cauchemar du charbon
au flux de cendres
conquérant
De l'autre les dunes
les rivages mordorés 
comme un don du ciel
éclosent
à la semblance de l'infini

La mer laisse sur le sable
les fantaisies d'un dessein
de l'enfant
Une île bouquetière s'en retourne
surprend
à l'orée de toutes les beautés
que maints passereaux
louangent en migrant

C'est le Martin-pêcheur au vol bleu
qui miroite
L'Essaim fugace de sternes naines
qui voyage
Le grand goéland     le cormoran
qui se partagent  l'écueil
Le temps des avocettes élégantes et des grues
qui approche
Les jeux des dauphins et des puffins
qui se donnent plus au large l'accolade des anges
C'est le monde du silence en joie
qui tonne et qu'il me faut esquisser encore et toujours

§ 

 

MARIN - Propos sur la Nature - 

 

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