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JAN  GARBAREK  & MARI BOINE 

AU-DELÀ DU RÉEL  

Écouter, aller jusqu'à la dernière note d'une Musique tombée du Ciel, tel un fruit, sur la terre qui fleurit 

 

 

 

Par le chemin qu'il obombre
l'arbre se rappelle en la caressant
à l'histoire de la rivière
D'entre la canopée
les plus hautes futaies
la solitude des mornes plaines
et le verger
la frondaison renaît
à son chant pluriel
au comble du cantique
comme il élève
solennel les racines au ciel

Jamais muet
jamais figé
qui n'enténèbre
ni le jour ni la halte
et rafraîchit pour un temps précieux
le pèlerin
le repos du ramier
Auprès de lui
mélope un filet de source
claire
 un faune prélude


L'arbre
A la fois vénérable
jeune rameau d'érable
que la brise accompagne
telle l'estampe
L'arbre entonne l'hymne à l'univers
comme au printemps
de tous les essaims
Le temps des secrets
dès lors sourd
de la cime à la terre
et s'ente à demeure
pour y muser


Providentielle synthèse
rendez-vous sibyllin
Quel antre ramé exhorte
autant
l'harmonie      louange
les livrées mélodieuses
de la pleine nature
des saisons
aux lunaisons qui augurent
parfois     sous la feuillée
l'aura d'une idylle


Arbre né de la légende
du culte de Pan
et qui tant séduit les contes
mystes et mythes
en animent le choeur léger des bergers 
la chevelure enivrée
la branche torse
ou l'essence
depuis les métamorphoses ailées
L'ombre des dryades
au manteau de givre
de bourgeons et de fleurs
plane perpétuellement
ressuscite comme la nuit
les astres

Sublime refuge
l'enfance     le chagrin
à ses pieds se confie  puis  se couche
Le trille du merle    de la grive
le gazouillis des oiseaux sylvains
en apaisent la souvenance
Que son fruit vienne
à point nommé
rouvrir les portes du paradis perdu
réveille aèdes et poètes-nomades

Que son règne sain
reconquiert sans frein
le vil mouroir des villes
A lui  qui recueille l'eau
et exhale un souffle de douceur
à toujours
promesse encensée
éternel retour
en esprit exaucé
au nom de la beauté d'une rose
chère au petit Prince


Je garde dans le regard
les luminances  d'un chant abyssal 
aux étoiles jamais nombrées
le zéphyr y joue ses arpèges
berce les songes
Que je capte  à ses flancs
que flue en moi
cet élixir existentiel
le dessein fidèle d'une prière
au vent de la pluie
ondoyée

J'en partage le faisceau
à l'automne qui traverse le bois
les révélations
de mystiques pensers
ces jeux d'antan
à l'imaginaire débordant la raison
où nicher secrètement
un peu plus près du ciel
Enchanteur à souhait
que le temps    en lui     infuse
à l'unisson d'un rêve alchimiste

§

- MARIN -  

Pour les arbres de la Terre de CORSE que l'on brûle, incendie, arrache par milliers. Ces arbres qui en font un merveilleux  château d'eau dans la mer.

A l'image des Rocheuses et des Terres Amérindiennes jadis verdoyantes, aujourd'hui couvertes de mines à ciels ouverts, d'exploitations  et de carrières de sable, gérant partout  menées et  vomissures d'un or noir  infecte que réhabilitent la haute finance et le capital...