PONTE_NOVU__CORSE

 ùn ci scurdemu mai, in mimoria

 " On espère que le mois ne se finira pas qu'on ne soit venu à bout de détruire entièrement cette race " disait le colonel Alexandre de Roux pendant la pacification du Niolu ... (  1774 ) 

 

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1769 / 1789

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LE TROPISME JACOBIN EN MARCHE 

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La jeune république de CORSE vient de perdre son Indépendance !  Les Lumières, les Empires, le Jacobinisme féroce arrivent  à bout de cette Terre rebelle, de ce Territoire qui fit l'objet d'un odieux partage, d'un inique échange, d'une  transaction arbitraire au plus haut niveau des Royautés en présence et liguées. La Révolution française sourd, gronde ! 

S'en suivent la barbarie, la cruauté, l'assassinat, la traque, les persécutions, les emprisonnements, les bagnes enfin  tout ce que l'on peut qualifier,  sans risque de se tromper,  de massacres, de terreurs, ces forfaitures d'état que l'inertie de la  Terreur révolutionnaire perpètrent  encore au XIX ème Siècle sur l' île de CORSE, au nom de la Pacification, des tueries systématiques, des commissaires de la République investis de pouvoirs hautement discrétionnaires.

En  1789, l'Île de Corse, paradoxe de l'histoire des idéaux révolutionnaires, devient  " française ", après avoir été vaincue par les armes, dans la stricte négation de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Avec cette annexion, la plus jeune des Constitutions se perd dans les méandres institutionnels et constitutionnels des lois de l'Empire et des Républiques à venir.

Déculturation forcenée, négation  de toute spécificité insulaire, culturelle et historique, acculturation systématique, négation de la Langue,  disparition de tous  les repères susceptibles d'enraciner les communautés dans leur  existence commune et de destin ...

 

Une jeune Nation bafouée, insultée, martyrisée. La liste est  trop longue, les faits accablants, notamment  les crimes innommables qui  jalonnent encore les montagnes  du Niolu, les flots du Fleuve GOLU,  jadis rouge-sang, qui portaient les corps des miliciens de Pasquale PAOLI vers  la mer Thyrrhéniènne... Aurait-on oublié ?  L'histoire n'appartiendrait - elle qu'aux vainqueurs, aux chefs qui précipitent les peuples vers l'issue tragique et fatale de la guerre impitoyable ? 

Combien de vies, de familles, de villages entiers passés par les armes et les supplices sur la roues, les bûchers, les fours, les gibets ? 

Que roulent encore les pierres des couvents, d'Orezza, d'Alisgiani,  de Casabianca, que monte le tumulte des Consultes d'antan afin de fustiger et dénoncer l'infamie portée aux centuples sur la terre de Corse durant un siècle et demi, tandis que les palais  resplendissent, par  sang insulaire  impur abreuvant les sillons du  nouvel Empire, au nom de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Funeste calendrier révolutionnaire. Nous sommes en 1774  ! Quels augures ...

Oui, on ne peut ainsi réveiller le passé sans en éclairer tous les antres sordides, avec équité, droiture, une  part de responsabilité assumée, hors du temps ! L'Île de Corse n'a de leçons à recevoir de personne, qui fut toujours aux premiers rangs des combats pour la Liberté, contre les totalitarismes et les fascismes, dont la sienne plus que légitime ...

Pour  Elle qui perdit tant d'âmes sur tous les fronts, nous dénions à quiconque le droit de l'entraîner dans les spirales et les fractures de la culpabilité et de l'opprobre jetés à la face de toute une population qui s'est exprimée par les urnes !

On ne stigmatise pas un peuple, on en  culpabilise pas les sensibilités mais  on l'accompagne afin qu'il puisse parfaire sa destinée de paix dans l'union, dans la sérénité et surtout l'innovation, la dynamique de projet, la prévention, le développement durable et toutes ses capacités d'accueil en phase avec les potentialités de son territoire.

Lorsque l'on vient  pour bâtir, on s'assure que les fondations soient au préalable fortes, désormais saines, porteuses d'avenir et d'échanges fructueux. Or que constatons-nous si ce n'est d'emblée, circonstances tragiques et émotions aidant, une quasi fin de non recevoir, une relégation des revendications et doléances légitimes  portées par tout un peuple  aux  rangs de voeux pieux et surtout imméritées, à toujours !  

Lorsqu'il est brandit un seul pan de l'histoire en marche, on avance plus, on régresse, on crée quelque part  toutes les conditions de l'affrontement et de la division. Puissions-nous espérer que la République n'ait pas à gérer en réprimant une dégradation  du climat sociétal  insulaire dans son ensemble car elle démériterait  au premier plan pour avoir initié, répandu le terreau de la discorde.

La modernité s'invente, s'ose et ne se risque pas ! Il des pages  que l'on doit  tourner, sans oublier, certes, mais de ne jamais réveiller les démons d'un passé chaotique, fragile, profondément affligeant, d'où que l'on se tourne ... Qui prétendrait  aux desseins positifs de l'évolution des rapports entre l'entité Corse et le Continent en ravivant simultanément tous les pans d'une histoire qui divise et jette  les parties les unes contre les autres ? A quelles fins, à qui cela profite-t-il vraiment ? Devrions - nous opposer les funestes bilans de la colonisation par les armes, le pillage des richesses, l'installation et le maintien par les grandes puissances des dictateurs au pouvoirs qui commirent les crimes les plus atroces ? 

Il convient de  poser les justes questions, d'ouvrir les portes  au dialogue, à la pensée, à la sagesse de la Culture,  vers un noble point de rencontre.

L'histoire ne saurait s'arrêter  ou commencer là où prime l'intérêt du dominant, fût-il auréolé des oripeaux républicains. On ne vient pas pour diviser et  forger l'amalgame invalidant. On s'invite afin de rassembler ! 

PASQUINU  D'OTA 

 

 

 

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