"...  Cette eau sauvage et pure
trésor que tu n'as pu garder entre tes mains
abandonne-la au torrent de la vie " .


Jean Lavoué

 

 

Comme la pluie cascade
bruit l'embrun
A ces accords fluides
que ton âme égrène
quand tes doigts déliés
participent de l'insigne caresse
au chant de l'amour
au galbe mélodieux des sables
Korafola     Djeli  lointain Griot 
par le champ des étoiles
que la croix-Agadès
nous guide à toujours

Dis-moi la magie
de tes dix doigts
les trésors de la Kora séculaire qui te parfait
L'antre de peau aux  cordes exaltées
qui d'entre la voix
et le lien tendu des racines mandingues
à toi me lie
A la sagesse de la fable  
aux charmeresses  harmonies
de l'immémorial conteur  
saches  que je me fie
les yeux fermés

Trois doigts suffisent
à chaque main
délivrant
un numineux triptyque 
L'écho revenu
de la longue méharée
Le perpétuel dessein des dunes
L'aura du puits
providentiel

Musique tombée du ciel
l'harmonique sourd de la source   si pur
Le génie de la femme plane
au chant intérieur
se rive
s'entant à la voie des ancêtres
Mélopée du fleuve
Louanges des piroguiers
Vents de sable habités

Korafola
dans ma souvenance
s'élève
ta complainte syncopée
la multitude d'une rumeur-canopée
qui me tirent des larmes
aux reflets de tes notes claires
Et quand la Femme Malinké
déesse-afrique des rimes Senghor
nous rejoint
quand au Djeli elle offre
la tessiture feutrée de sa voix
monte alors un plain-chant
un choeur
terres à ciels
chaleureux

De paroles en chemins
jamais écrites         emportées
 pareilles au  long poème d'une mémoire
Qu'un grand frisson né de l'alliance
depuis l'exil
l'exode
et la persécution
nous rejoigne
Korafola
Décline encore une fois
le cours de la rivière perpétuelle

§ 

- MARIN  - 

A la recherche du temps perdu - A l'Afrique  où j'ai laissé tant d'âme   

!

PIROGUES_CASAMANCE_

 

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