SOUFFRANCE_ANIMALE_

Nous vous épargnons les images de la souffrance animale, de l'infecte  corrida aux abattoirs, en passant  par les travers contre-nature de l'engeance humaine en guerre  contre le principe de paix et de sérénité. Manger de la viande repose sur un mythe devenu juteux : l'argent coule à  flot au diapason du sang, jusque dans les guerres  dont nous traversons toutes et tous l'horreur, sans jamais plus arguer du fait que la civilisation, des ordres aux pouvoirs  du désordre,  ne saurait être  au courant,  désinformée ; cela change-t-il  quelque chose ? Non, hélas !  Des milliers de chevaux meurent en peinant sous les charges et les canicules, en transportant les touristes dans des calèches surchargées allant par monts et par vaux des Îles Grecques, par exemple, mourir contre un mur ; l'oseille  et le profit obligent, quel que soit le niveau de l'organisation considéré. L'homme  paiera un  jour le prix de ses forfaits, très justement, sans plus aucune marge de manoeuvre...

CARAVELLES  HARIDELLES 
 
...
Bêtes, venez à moi ! venez bêtes farouches
épancher toute haine dans la coupe de mes mains !
Il est grand temps que la lune là-haut
cesse enfin de laper les nuages.
 
Sœurs chiennes, frères chiens,
traqué comme vous parmi les hommes
qu’ai-je à faire de caravelles haridelelles
ou des voilures de corbeaux.
 
Si la faim suintant de murs en ruine
vient à s’agripper à ma chevelure,
je mangerai la moitié de ma jambe
et vous offrirai l’autre en pâture.
 
Je n’irai nulle part avec les gens,
mieux vaut crever ensemble, avec vous
que de ma terre aimée ramasser une pierre
pour la lancer sur mon fou de prochain.
 
§
 EXTRAITS 
Sergueï ESSENINE
Journal d’un Poète
traduction du russe 
 Christiane Pighetti
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