ET_CUEILLE_LA_VAGUE_VI_

 

 

Il y avait longtemps que la Tramontane ne lui souriait plus
Un vent dévalant les Apennins septentrionaux        arrivé
des contrées de Borée ou des Carpathes  
avec  ses redoutables galernées que rien n'arrêtait sur la mer

Un tout levait alors de hautes vagues dont les écueils et les récifs
captaient sitôt les premières ondes   les prémices 
Il est des domaines que les archipels cachent précieusement
des fonds-marins propices au déferlement des lames
parfois si loin des côtes      Il nous plaît d'en évoquer la magie


Une île  et ses saisons déroulaient leurs vagues
et  pour toile de fond    l'infini des horizons
s'attelait aux arcatures du temps
comme à ses métamorphoses

Il avait posé et calé sur pieds      à l'abri des vents
un mystérieux petit écrin      une boîte   philosophale
dont le regard numérique balayait les étendues
résolument tourné vers le Levant        tel un rituel 
La puissante optique    le grand champ captait ainsi
un soupçon de vie voguant au coeur minéral des îlots

S'agissait-il d'une empreinte     d'une  trace antique
dont la mémoire attique restituait le sillage
s'émeuvant du ballet des vagues et des rochers fantomatiques
Le troisième-oeil se livrait au jeu aléatoire de la capture
qui les eût immortalisés   tout en relevant
avec une singulière régularité
une foule de témoignages et d'épreuves surgis de nulle part

Qui le saura ou en eût un jour soupçonné les possibles
quand le Solo ne s'invite plus          lorsque l'amer
en convie et réduit au silence labyrinthique les folles bordées
Le vent cinglait    si froid et si vif        un vent cristallin
qui ne laissait plus d'approfondir      de creuser  les dolents lointains
ces prairies marines que parcourt l'essaim de mouettes
migrant encore     on ne sait où et pourquoi        au ras des flots

Au milieu des écueils inlassablement hérissés que les eaux cernent
que le tumulte recouvre depuis la rumeur de la lumière
j'y reviens obstinément
une âme se donnait      allant à la semblance de l'ivresse
aux azurs à toujours confondus

Diaphane    évanescent    l'embrun des écumes hiémales   les discernaient
ainsi des ciels bleus      sans autres nuages que les mirages
vaguant aux fenêtres subreptices de l'imprévu
qui s'ouvraient et qui brisaient intermittentes     Le sentiment d'être suivi
observé  comme dévisagé  campait un décor solennellement beau
et angoissant à la fois
Rien en ces tonnantes contrées ne saurait y changer

L' âme se livrait au pas unique et fluide  d'une danse inhabituelle
s'invitait sur l'immensité mouvante     lorsque soudain
chavirait un château d'eau éphémère donnant un sens ultime
au temps qui passe     qui  s'allit tant de points  de rencontre

Qui était-ce       quelle entité croisait là-bas           orphelin de son aile
aux lisières frangées de l'éternel    du déjà vécu    de l'improbable  
qu'elle présence insatiable sillonnait  les hauts-fonds
si ce n'est l'ombre tractée des souvenirs en joies
batifolant parmi les amis d'un jour     je veux dire
les Dauphins et les Puffins

§

- MARIN -  

Enigme 

 

ET_CUEILLE_LA_VAGUE_III_

ET_CUEILLE__LA_VAGUE_II_

 

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