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On dit  que le LEVANTE  est un vent d’Est typiquement tyrrhénien.  soit ! Mais lorsque le vent d'Est passe d'une côte à l'autre, gagne le débouché des vallées de la côte Sud-Ouest de l'Île de Corse, avant les pluies ou sans  aucune précipitation, souvent associé à un voile nuageux propice aux halos  et aux parélies, le LEVANTE  peut souffler très fort, lâcher de puissantes rafales sur une mer qui tire au large, hérissée et hachée. Au printemps, il génère une lumière crue, intense, profonde qui sied à la découverte des Îles, irradiant de contrastes le trait de côte qu'il  délinée sur l'azur. Voici un petit moment passé à évoquer le vent, oscillant  d'un monde à l'autre, je veux dire de l'obscur à la clarté, en quelques minutes ; brins de prose pour  une Île magicienne ... !

 

Côte Ouest de l'Île de Corse - Grand Sud :  le Levante  fraîchit, atteint  le coup de vent en s'emparant du golfe " aux vingt bois ", large et profond, - Vintilegna -.

Côte Est : une chape de  nuage,  immobile et basse  voile l'horizon. Telle une outre immense,  elle semble contenir le souffle d'Eole sur le point de délivrer  à sa guise,  vers le Ponant et  dans les Bouches de Bonifacio ses puissantes bourrasques.

Deux mondes se côtoient. La lumière du  jour et la température diffèrent. Et pourtant, seuls quelques kilomètres les distancent. Au Levant, au  zénith du soleil, les heures se précipitent  déjà  vers les vesprées printanières !  

Le maquis frisonne encore. Les fleurs hésitent et s'abritent pour éclore. Des hautes falaises de craies, entre deux mondes,  on évoque au détour d'une venelle  le chant du Levante  comme celui du Libeci, ( Libecciu ),  que traverse le vol téméraire, le trille  des oiseaux.

Parfums, clartés me ramènent aux balcons du Cap Sounion, du Cap Bon. Les vents de terre dévalent des montagnes, profondent  les étendues marines. 

Un sillage, une aile, une voile fabule quelque  traversée, oscille d'une rive à l'autre sur fonds de dunes généreuses. L'hiver les aura ainsi comblées d'un épais manteau de sable doré, vierge, immaculé ! 

Dans les lointains brumeux que les montagnes retiennent une  longue panne s'immobilise, coiffe la vallée. C'est le domaine  des sapinières et des forêts primaires intouchées dont les torrents abreuvent encore le rivage, abandonnant au gré des pluies, des  coups de vent,   leurs tributs de bois flottés.  

Ainsi d'une côte à l'autre, changeons-nous de contrée, de jour, d'heure, comme si nous étions du voyage des vents insulaires  et des moutons. 

Ainsi de ces infinis bercés que jalonne  la course du soleil,  que rythment les renverses, les marées de nuages, les Lunes rousses et bleues, les lunaisons  d'antan enchanteresses à souhait

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Marin  à Terre 

2 ème Ecriture  le 01 Mai 2021

 

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