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http://www.littoral-corse.fr/Regime-des-vents?id_document=95

 

On dit  que le LEVANTE  est un vent d’Est typiquement tyrrhénien.  soit ! Mais lorsque le vent d'Est passe d'une côte à l'autre, gagne le débouché des vallées de la côte Sud-Ouest de l'Île de Corse, avant les pluies ou sans  aucune précipitation, souvent associé à un voile nuageux propice aux halos  et aux parélies, le LEVANTE  peut souffler très fort, lâcher de puissantes rafales sur une mer qui tire au large, hérissée et hachée. Au printemps, il génère une lumière crue, intense, profonde qui sied à la découverte des Îles, irradiant de contrastes le trait de côte qu'il  délinée sur l'azur. Voici un petit moment passé à évoquer le vent, oscillant  d'un monde à l'autre, je veux dire de l'obscur à la clarté, en quelques minutes ; brins de prose pour  une Île magicienne ... !

 

Côte Ouest :  le Levant  fraîchit. Il atteind  le coup de vent en s'emparant du golfe aux vingt bois, large et profond.

Côte Est : une chape immobile et basse  voile l'horizon. Les nuages, telle une outre immense, semblent détenir le souffle d'Eole libérant à sa guise vers le large et  dans les Bouches de Bonifacio ses puissantes rafales.

Deux mondes se côtoient. La lumière du  jour et la température diffèrent. Et pourtant, seuls quelques kilomètres les distancent. Au Levant, au  zénith du soleil les heures se précipitent vers la vesprée !  

Le maquis tremble, frisonne encore. Les fleurs hésitent et s'abritent pour éclore. Des hautes falaises de craies, on évoque le chant du Levante  comme celui du Libeci, ( Libecciu ),  que traverse le vol téméraire des oiseaux.

Parfums, clartés me ramènent aux balcons du Cap Sounion, du Cap Bon. Les vents de terre dévalent des montagnes, profondent  les étendues marines. 

Un sillage, une aile, une voile fabule quelque  traversée, oscille d'une rive à l'autre sur fonds de dunes généreuses. L'hiver les aura ainsi comblées d'un épais manteau de sable doré, chaque jour vierge, immaculé ! 

Dans les lointains brumeux que les montagnes retiennent  quelques pannes s'immobilisent, coiffent la vallée. C'est le domaine  des sapinières et des forêts primaires encore intouchées dont les torrents abreuvent encore le rivage, abandonnant au gré des pluies  leurs tributs de bois flottés.  

Ainsi d'une côte à l'autre, changeons-nous de monde, de jour, d'heure, comme si nous étions du voyage des vents et des moutons. 

Ainsi de ces infinis bercés que rythment la course du soleil, les renverses, les marées de nuages, les Lunes rousses et bleues, les lunaisons enchanteresses à souhait

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Marin  à Terre 

 

 

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