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La veille, un majestueux halo sertit  le soleil d'arcs-en-ciels et retint toute mon attention. Le Levant, dans la nuit s'invite pour le  lendemain, honore les signes du ciel et  le dicton marin.

Un regard avisé  vers le Ponant et ses transparences suffit. De longues pannes cotonneuses s'accrochent aux cimes dénudées, auxmassif du Grand Sud de l'île. Les tombants sont si nets et l'horizon si vaste  qu'une multitude de moutons quittent le détroit et se perdent avec la mer du vent.

Le puissant Levant se voit gratifié d'un océan. Comble des désirs de l'ivresse qu'aucun alcool ne saurait fabuler !

- " En voiture " ! Nous sommes hors du temps, allant  le long du printemps avec les nuages qui courent d'Est en Ouest, entre deux îles soeurs. 

- " En voiture ", nous n'aurions jamais eu d'âge depuis la découverte de la roue. Roulons lentement,  avec le vent, là où il  nous mène, entre les bras généreux de la terre, au coeur des jeunes  maquis qui frissonnent.

En  doublant les écueils du Tournant, il me vient une pensée. Les gardiens, les maîtres de phares l'auront très certainement élevée, reclus qu'ils demeuraient, des semaines durant,  au faîte de ces tours de pierres plantées  au bout de la terre, cernées de vagues déferlantes et de plaintives solitudes. 

Je reviens sur les rives du passé. Une époque qui ne se sera point égarée, bien présente, ancrée à bon port, dans ma souvenance.

Rien, vers l'azur, n'en blesse les repères. Le golfe est large, qui distance et masque tout ce qui aura été bâti de laid, tant d'anchronismes disparates. Puissent  les Anciens qui louaient la pierre blanche, la pierre rousse ne jamais découvrir certains pans de côtes abandonnées à l'anarchie consumériste.

Il reste des îlots de splendeurs que la clairvoyance et la sagesse auront encore épargnés.

Le vent souffle très fort, devient violent. Des tourbillons d'écume et d'embruns ravivent les lumières de ce petit matin d'Avril. J'attends davantage de douceur . En regagnant la Tassinca et ses balcons de soleils enchanteurs j'espère  davantage de douceur ; elle  n'est pas au rendez-vous ; avril tarde à se libérer des charrois de l'hiver.

Nous sommes passés d'une contrée à l'autre en quelques dizaines de minutes. Métamorphoses absolues qui des pierres aux émaux de la mer, aux spires du vent déclinent ce que la nature peut arborer de plus beau. 

Je laisserai  sur la carène de l'esquif qui m'emporte des larmes de sel, les blancs cristaux de nos folles  bordées qui traversent déjà l'Eau-Delà 

!

- MARIN -

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Un fascinant visage aux traits de pierres émergent de ce chaos, face au vent qui ne laisse plus de façonner, de sculpter le granit.

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