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 " ... Ce n'était pas assez que tant de mers, ce n'était pas assez que tant de terres eussent dispersé la course de nos ans. Sur la rive nouvelle où nous halons, charge croissante, le filet de nos routes, encore fallait-il tout ce plain-chant des neiges pour nous ravir la trace de nos pas. " 

(Saint-John PerseExil, 1942, p.271).

 

Plain-ciel
Plain-chant-azur
De passage      y verrais-je toujours  l'ovale
d'un visage
ce rivage
dont je redoute déjà l'absence
le sillage qui distance

Il faudra bien un jour
se résoudre
jeter l'ancre pour la dernière fois
à quai     souquer l'amarre
Au bout du môle
se rappeler en silence 
à d'autres fins oiseaux
répondant sans fin
à l'appel du large
et des ailes  libres

Je garde lové
au creux d'une vague souvenance
l'essaim de Puffins cendrés 
couvant de séraphiques printemps 
quand la jeune nichée
fébrilement ailée
des falaises de craies     en volées 
vit l'aventure du détroit
à l'unisson des vents et des îles soeurs

 

§

MARIN -  Au bout de la Route   - 

2 ème Ecriture le 89.16.3056

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