GOLFE_VENTILEGNA__APRES_INCENDIE_

 Mornes étendues marines que les bras, les mains, les  doigts décharnés et calcinés des genévriers abandonnent aux saisons qui ne sont plus

 

 

 

Il glisse   le silence frissonne
à ses heures tardées
puis survole en solitaire
tant de regrets
l'incendie    la désolation
Mutiques   les suppliques
sidèrent l'horizon

Il lui suffit   l'instant d'une rafale
de coucher son aile
pour que le rêve Icare
s'achève et soit emporté
par le sombre Levant

D'une rive à l'autre
sans ballet  ni vagues
les champs vert-de-grisés 
s'ouvrent aux pensées
aux souvenirs d'une terre
désormais privée
de ses joyaux de Phénicie

Les rus  des crues ont rendu
leurs boues de cendres acres
s'emparent par centaines
des versants    des tombants
que le printemps déserte

Toutes les ailes
toutes les voiles multicolores
de l'été ne redonneront
jamais  au golfe lumineux
le supplément d'âme
que le souffle du vent
et la brise marine
livraient au présent   à l'unisson
en guise d'accomplissement

L'hiver n'est plus   le passereau s'est tu 
viennent les premières chaleurs
l'ombre des flammes
des volutes enténèbrent
déjà les noces
de la Terre dilacérée
et de  la Mer orpheline de tous ses nids

§

MARIN - A  Terre -

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