DROIT_DANS_LE_MUR__001




D'une rive à l'autre
en rade
c'est de bonne guère
mais quel banal      ne fonces-tu pas
déjà   droit dans le mur
Du moins  le simules-tu
ici - bas   en ricochant 
Fausserais-tu  compagnie
au large    à l'espoir
des libertés fauchées d'avance
Malgré l'évidence frontale
le cours obstinément léthal
des habitudes con-figurées

Quitte le golfe glauque
les baies surfaites
d'agréments et d'aisances
Elance-toi      distance la rengaine
la gestuelle rodée qui te précipite
à contre temps des piètres allants
lancés à la rencontre du néant
Dérade

Comment acceptes-tu
ainsi  sans fin
de virer de bord
d'ôter de ta route ces étendues
vierges en laissant les tombants
dévalés barrer l'horizon des îles
leurs cristallines largesses

Fuser droit dans le mur
au diapason des bolides
sans foi   ni autre loi    comme aux abois
Un court-circuit
qui ne te ressemble point
use et faillit au dessein
perpétuel de la lumière

Rejoins les vires fluides
recouvre la passion du soliste
vers  l'inconnu
Eploie
les ailes d'une pensée
qui ne bute et ne blute plus
le socle pulvérulent  de la durée éboulée
lasse d'en durer

A vous le vaste domaine
le terrain d'aventure
la longue distance
ces refelts de terres lointaines parcourus
de sillages silencieux dont les ailes furtives
esquissent  de rares accords 

Jouez avec l'arc-en-ciel
de l'ellipse des folles arabesques
et des vagues envivrées
A l'âme    le souffle du vent
cet appel
que rien ne draine
au fond d'un canal
où elle se serait pendue
pour n'avoir jamais pu
entrevoir l'au-delà
souffrant des corps à l'ancre
en gisant leur port

!

- MARIN -

Mal aux Mondes, Mal de Terre  - 

___________________________________________________________________