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L'incendie abandonne sur le long parchemin de l'Île de Corse tant de meurtrissures indélébiles, enracinées ; elles jalonnent l'histoire, de hameaux perdus en  villages ruinés, que de mains aux doigts décharnés pointent leur point d'embrasement, le dévalement des vents torrides et suffoquants attisant les flammes et la terreur.

 

 

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GHJUNCAGHJOLA

 

 

 

 

La petite aire de battage... 

 

Un nom, un lieu-dit-qui chante, à toujours, comme Pastricciola, Pruna, hameaux ruinés aux  maisons rousses... Cette page s'envole avec ce chant de joie vers Joss et Gérard. Agrandissez les clichés et surtout le fichier son 

!  

 

 

 

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Une pause,  sur le sentier qui randonne, entre les blocs
erratiques et les îles lointaines d'un archipel. 
Cinq  petites îles flottant dans les brumes matinales,
vers le Sostice d'été, au-delà des tombants azurés
de la Tyrrhénienne.


L'ascension est rude, parsemée de pièges, de racines, de marches
 de rochers mouillés, de troncs juchés par le travers. Nous ne dépasserons
pas les deux centaines de mètres d'altitude et pourtant,
une vue des crètes  imprenable s'offre d'emblée aux regards du marcheur.


Le téléobjectif  ne se résout point à saisir les clichés aisés,
du côté de la rumeur des moteurs marins, des versants
criblés de béton et de terrasses artificielles.
Nous reviendrons, un peu plus tard,
sur le triste sujet de l'urbanisme afin de traiter  un thème
tragique et désormais récurrent.


Difficile de concevoir le lot intarissable de difficultés naturelles
que nous rencontrons  lors de notre progression.
Les cairns essaiment dans toute les directions, éboulés,
plus récents, au gré des campagnes de chasses hivernales.
L'orientation devient utile, on y recourt ;  la vue ne suffit plus et,
la lecture de carte,  s'impose,  tout comme le relevé d'indices
précieux : un rocher, un visage de pierre, une pierre percée, un oriu.

On entrevoit sitôt les fortes chaleurs qui emplissent les vallons,
au coeur de l'été,  ces chemins que bordent de vastes
dalles de granite réfléchissant les morsures du soleil, au zénith.
La pierre plate, véritables panneaux solaires, roussit, devient par endroit réfringente.
 Il peut ici faire  anormalement chaud.


Ainsi allons-nous d'un éperon à un autre,
dévalant quelques courbes de niveau, traversant de petits
sous-bois d'arbustes et de maquis encore rafraîchissants. Le sentier tient promesse
quand il laisse entrevoir le large pan d'une maison ruinée
dont le faîte culmine entre le chêne vert et l'arbousier.


Nous sommes sur la bonne voie et  poursuivons sûrement.
Non loin du but fixé, vers la gauche, une enceinte basse retient l'attention.
La très vieille aire de battage demeure, encombrée mais visible.
Humble proportion que le hameau jadis dut s'imposer.
Un lieu, un témoignage touchant et concrétisant l'arrivée sur site.


Puis un four à pain émerge des buissons, meuble  un espace en replat, protégé
des vents dominants. Une  splendide bâtisse, en deux parties,  
ruinée,  apparaît. L'ouvrage de pierres rouges est remarquable, dévoile 
d'imposants jambages de granite, des fenêtres en meurtrière solidement
enchâssées, un petit escalier descellé, ouvert au Nord.

La brise étouffe les bruits parasites d'un complexe 
industriel, en contrebas. Repos réparateur ; on mange sur le pouce,
avant de reprendre le chemin du retour, sachant que nous laissons
le deuxième ensemble d'habitations pour une prochaine découverte. 
Selon un autre point de  départ, le sentier nous mènera à la partie basse
du hameau ruiné, abandonné, insoupçonné.

Un pincement de coeur,
tant de souvenirs,  ces détails qui laissent rêveur comme la petite croix
taillée sur la pierre faîtiaire de la deuxième maison de Ghjuncaghjola...
Dans le fond du vallon, un ruisseau s'attarde et se perd déjà  vers l'été,
avant de s'enterrer pour de longs mois.


Ainsi la vie, antan, que la terre et les bêtes destinaient, quels que soient
le temps, les années, la saison des oliviers greffés, des transhumances,
des récoltes et des moissons.
A la différence des plus gros hameaux ruinés, celui-ci surprend
par son isolement, la distance de ses deux groupes de maisons. L'accés
hardu de l'un des chemins offre plus au Sud  d'autres variantes,
notamment l'accès accidenté à un golfe encaissé, le remarquable rivage
lacustre et dunaire qui en souligne les raretés.

Hélas, si loin, si  haut, rien ne se remarque, qui
souille le  regard ou trompe l'oeil ; quelles beautés sauvages  !...
Une fois rendu au niveau de la mer, l'empire du plastique et des déchets
finit d'assassiner ce que l'on nomme désormais une zone morte marine

!

MARIN - A Terre - En chemin

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