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Une réalité hélas tellement répandue, jalonnant le domaine maritime, plus encore, la zone d'interférences indispensables et vitales  terre / mer ... Chocs des époques que nous transcrivons au fil de nos  déambulations, entre passé et modernité ! Le deal n'est certes pas à notre avantage, terriblement  déséquilibré, quant à nos territoires et notre patrimoine naturels  radicalement  transfigurés

 

RAVAGES DE RIVAGES 

 

 

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Le croissant de dune a été réduit de manière irréversible.
Visage défiguré et  meurtri d'un espace jadis et en tout
points remarquable, exceptionnel.

 

 

 

 

 

 

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Une très grande lagune, autant de rus et de ruisseaux s'y déversent
au gré des précipitations, des reliefs qu'elles recomposent.

 

 

 

 

En bout de plage, adossé à la montagne, un grau assure
les échanges et les mouvements de l'eau douce et salée.
Des versants et des abrupts proches, des blocs de granite
cyclopéens ont chuté dans la mer.

Les fonds restent très localement cristallins,
couleur lagon et, c'est de ce côté - ci qu'il convient de poser
l'objectif. Nous ne recherchons  ni clichés, ni faire-valoir ;
sans polémique aucune. Mais que cet article interpelle.

Ce n'est pas encore la mer et la montée de son niveau
moyen habituel qui menace, qui aura détruit dans une très
grande proportion de ce splendide complexe naturel et, surtout,
son vaste réseau d'interférences positives sur le milieu,
le biotope, l'environnement originel dans toute sa splendeur.

L'interface Mer-Terre n'existe plus, du moins dans les relations
perpétuelles que les éléments entretiennent entre eux,
en toutes saisons et espaces connexes, limitrophes !

Le bilan est alarmant, triste, révoltant. Comment en arriver là ? 
Le domaine demeure, à la merci des grosses pelles mécaniques
capables de bouleverser la dune, de charrier des blocs, de lever
des remparts artificiels face aux assauts de la mer hivernale.

Il y a déjà très longtemps, ces lieux avaient été investis, occupés,
mais en moindre proportions, plus localisés, délimités, concédant  au
golfe réputé de la région quelques espaces entièrement naturels.
Mais les années, la cupidité auront eu raison de ce  havre de paix
et de splendeurs. Plus rien n'existe qui fût de raretés, de préciosités
légitimes et souveraines, il ya quelques décennies.

La longue dune, en arc de cercle,  a été dévastée, occupée, annexée ! Quant à la forêt 
et ses très vieux résineux aux troncs et aux branches tors, elle subsiste,
émaciée, stigmatisée, avec de vieilles blessures, des cicatrices béant  
sur les exigences d'un bâtis dont les casemates se nombrent
par centaines, identiques, communes, resserrées à outrance, disposées en rues.


Entre la mer et la terre, plus aucune synergie viable ou
régénérante ne subsiste.
Une véritable enceinte ceinture désormais  le croissant, le filet de sable étiques

 Blocs rapportés, algues entassées en constituent la nouvelle nature
anachronique, vilaine, repoussante. On s'y entasse  dessous pour dorer,
sans le moindre soupçon de ce qui fût de charmes et de douceurs.
Rien n'aura subsisté, tout a été ravalé, chamboulé, bafoué, dénaturé.


Quant à l'épaisseur en sursis de cette frange littorale, elle se recompose
suivant des courants marins hybrides, inédits, lorsque les marées de tempêtes
emportent limons, alluvions, arènes minérales en affouillant
ce qui peut rester de la zone arrière de la dune.

Nous évoquons enfin  l'état des versants et des coteaux qui donnent
sur la mer. Un gruyère, une termitière surpeuplée dont tous  les édifices
se ressemblent, visibles, zébrées d'accès, aux parcelles
défoncées pour causes de terrassements monumentaux. Point de
pierres du pays ou si peu, la végétation et les jardins jurent
tels un voeu pieux ! Peut-être qu'un jour, l'homme prendra
conscience de tels méfaits perpétrés à l'encontre du domaine
commun !

Tristesse, consternation ! Il est pourtant quelque chose à faire,
qui suppose de très gros moyens, afin de redonner à cette destination
sa noblesse et sa grandeur passées. Tout reste possible. Question de volontés
durables, sages, mesurées et sobres.

Bâtir, développer : oui, mais à quel prix, quel coût pour notre cadre de vie 
et le patrimoine exceptionnel qui nous définissent ? 
La balle est dans le camp des Élus, de tous les élus ! On ne se vend pas,
on résiste, sur la Terre de nos Anciens, celle qu'ils nous auront laissée,
non pour la brader, la défigurer, mais pour l'aimer, la respecter dans
sa très grande diversité, sa fragilité, son étonnant rayonnement.

§

GHJUVAN -  PETRU DI CASABIANDA

Pour CORSICA...GO56

 

 

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