DSC02155__1_

 

 

TEMPÊTE 

 

Tout n'est qu'émulsion, nuages iodés, air et eau brassés que les vents ouragans en  tourbillons  fusionnent, tel un nouvel infini.

les vagues, la houle  se sont couchées. La mer affiche un profil bas et se laisse emporter par la violente tempête. L'oeil peine et ne discerne plus le large, le domaine voilé  des multitudes et des moutons innombrables...

Les contours familiers d'une Île demeurent ;  troublés, angoissants, extravagantes métamorphoses.

Nonobstant, qui s'aventure ainsi, sur la mer courroucée ? Aurait-il vraiment pensé, évoqué le  " courroux " des flots déchaînés  avant de s'engager,  de recouvrer le tempo du Ponant ?

A l'instar des littérateurs, des poètes disparus des siècles derniers, ne perçoit-il  de la  mer que les horizons  meurtriers des éléments indomptables, impitoyables... La fortune de mer  qui frapperait encore et toujours  l'épouse et le foyer aux confins de l'attente, de l'inexorable verdict  du silence  ?

Et d'aucuns d'avoir évoqué  si souvent la " peau du  Diable ", " ces baves d'écumes ", d'autres volutes habitées quand d'autres louangent de nos jours,  plus que  de raison, la majesté de l'énergie magnifique, de l'Océan, des plus hautes vagues qui lui ait été donné de lever et que l'aventurier  intrépide chevauche à travers les jeux de l'émotion, de la mort sublimée, dépassée.

Une mer chaotique, hérissée, aux myriades de myriades d'ecchymoses, une mer bossuée fuyant  sous les coups de vents, durement creusée, sillonnée,  jaspée de longues veines blanches. Azur vertigineux que l'autre ciel, à la  portée du coeur, !

L'hiver a convoqué les dieux antiques. Sacre habituel que l'on ne doit point interpréter selon le prisme des certitudes. Ainsi des  vérités de la  nature, de l'étant, de l'ordre des choses, unique, ultime  représentation des mondes vitaux 

... 

- MARIN - 

Prose Marine   / En Mer

___________________________________________________________________________