DSCN4636_002

LE SIGNE

 

Aurais-je marché  dans l'obscurité comme un  petit frère, à ses côtés, plus fort que le sang ! Et ainsi de chanter avec lui la Terre des Liens et des Hommes vrais, en pensées   ! Aujourdhui est au temple, au " voyage musical " , en Esprit,  à l'envol, là où la douleur désormais " enfante les songes ", disait Louis Aragon. Mais " Un Jour, un jour " , poussière dans le vent, nous serons  tous migrants, nommés, assignés  à bord du même vaisseau, en route pour l'exil éternel...

A notre Ami et Grand Frère qui nous protégea quand nous aurions dû mourir un matin de l'été  innombrable  et endeuillé. A la croisée de destinées lointaines et si proches à la fois, frère, migrant. L'exil a revêtu les atours du chant, le deuil de l'improbable décours, de la prison des âmes emmurées de silence

 *** 

 

DSCN4638_002

 

L'OLIVIER S'EST ABATTU  SANS PERVENIR et NOUS ETIONS A SES CÔTES 

QUELQUES TONNES DE BOIS 

DONT LES TRONCS SUBISSAIENT LE CHANCRE

YE YE  YE LE  ÉMISSION 

LE CERCLE  DE MINUIT  VERSION  TRÈS ROCK  

MAIS SOUS LE CHARME 

 

 

GEOFFREY

 

Écoutez mon histoire
Il n'est point de hasard
Les faits concourent
comme ils convolent
vers lui
avec peine et amour
Ainsi de ses mots en vol
depuis le coeur

Il est là-bas
aux confins de la savane
des terres africaines
et des hauts plateaux
de grands arbres révérés
tant de fois séculaires
qui s'esseulent
et qui resplendissent

Mais un jour

découvrir un instant sidéré
que l'on enchaîne la solitude
en dehors du village
aux racines d'un géant végétal
Être malade
emmuré de silences
dont maints troubles s'affolent
Échos de l'âme
qui se suicide par trop de clarté
mentale

L'affligé gît sa vie      reclus
erre
et se lamente en tournant
autour du large tronc
nuit et jour
Poussières de feu
pluies torrentielles
que lui importe la morsure
Il délivre sa complainte
invoquant le mal      la douleur
cette geôle qui l'étreint
ayant échappé au guérisseur

D'aucuns l'auront interprétée
avec une immense compassion
Dolente mélodie
qui oscille
qui vacille
entre beauté
et tristesse infinies
Que je garde à toujours en moi
l'émouvant témoignage
les rives  de l'exil pathétique
dont je fus          tant marqué

Il grandit aussi
au tréfonds de la forêt
des arbres majestueux
Seigneurs animés d'une énergie tutélaire
Esprit bienveillant
au coeur souverain
et à l'ombre duquel
le Djeli conte
de père en fils     la terre natale

On y vient deviser
évoquer les aléas de la foi
animiste et sylvestre
quelques dissensions
survenues entre communautés
ou envisager la noce
sous l'égide et le consentement
du chef de village

Le long  bâton de palabres
rythme encore les échanges
dans l'observance absolue
de l'équité
qui eût sans faillir assuré
sagesse et clarté
la dignité du verbe

L'arbre comme une aura
fonde la prégnance de l'âge
le legs ancestral  les  liens de la terre
le respect que l'on voue
à la promesse des racines

Et le coeur parle sans fin
dans un bruissement
de graines dévalées
qui ensemencent
le flot de paroles
Sagesse africaine

Mille feuilles
d'un arbre frémissant
à l'unisson de la brise
tel le tremble frissonnant
de toute sa haute voilure
égrène sans fin ni doute
des mots que le temps choisit

Que j'en arrive
à la ballade     de l'exil
du chanteur-poète
de l'arbre au coeur noir
sur le point de chuter
profondément atteint
lorsqu'un signe atterré m'est parvenu
à l'unisson de l'écriture

Qui me vient de l'inspiration
providentielle  habitée
et quand soudain
Dans la rumeur d'une rafale
à mes côtés    un olivier
centenaire s'abat
évite et m'épargne
en se couchant

Arbre vénérable
les mânes du défunt 
ont veillé sur moi
me protégèrent
alors qu'il transhumait
déjà Esprit
des lointains
d'Anaka


Il se nommait
Geoffrey
nous l'aimions tant
pour l'avoir convié
un soir sur notre vaisseau
Nous nous liâmes d'amitié
Un chant   et tant d'échos
dans sa voix irradiaient la nuit
de solennels desseins
pour les Enfants

Et si je vous contais
la veille      en mer
cet oiseau et ses ailes
de blanc cernées
au duvet cendré
qui surgit de nulle part et vint
enivrer les vents 
sur l'azur
éminemment libre

Et si le jour d'avant
la nuit
le ciel m'avait parlé
d'un chant d'exil
qui résonne
de toutes les voix
des mondes
qui ont si "  mal au Monde " *

 

*** Une pensée vers  Gérald Bloncourt  

 

!

- MARIN -

A Geoffrey

PENSÉES ABÎMÉES  EN MER

 

 

APPARITION_

 

Ces Ballades et Complaintes Africaines sublimes et renversantes sont à écouter dans un bon casque acoustique pour le rendu des Voix, de la tessiture exceptionnelle de ce  Grand Artiste Africain ... Makambo, Ballads No Ballad, Exile, The River, Land Of Anaka, Solitude, son duo avec IDIR, Lapwony, See Me Lakayana  et tant d'autres seront à jamais d'éminents  référents

!

ADIEU

 

____________________________________________________________________