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Et  me reviennent en boucles les songes et les rêveries de Bosco, de Giono, irradiant de beautés, de sublimités de préciosités  ces pans de vie champêtre. Du Mas Théotime à l'Homme qui plantait des arbres, que de chemin parcouru vers la vie éternelle

Une Voix d'Eau  que la Harpe enlève

 

Fasciné, subjugué, je regarde l'eau du torrent couler, fluer abondante et fraîche, qui rejoindra la mer sans que rien ne la souille. En fin de parcours, en se rendant à l'azur,  elle ravira quelques rivages lacustres exceptionnels, une dune  d'une rare beauté où chaque chose, chaque infime partie d'un tout  recouvre sa place et sa foi en la vie, unitive et  parfaite.

Combien de temps, de vertiges, d'interrogations me mènent vers ces pensées d'eau douce que caresse le vol des demoiselles bleutées, mille libellules, autant de papillons d'un  jour que bercent les branches frémissantes de l'aulne, le feuillage tendre de l'ormeau, le bruissement des jeunes frênes. Le torrent sait si bien planter et marier les arbres ! 

Une délicieuse mélodie s'élève  des combes boisées et des vallons. Mais aucun chant d'oiseau ne nous parvient de l'immense chênaie et des arbres de rivière qui  peuplent le lit obombré. Et pourtant, le torrent ne démérite pas  en ce début d'été. Il traversera  des semaines  de fortes chaleur sans jamais s'essouffler, s'enrocher, fidèle au randonneur, au pèlerin des sentiers de transhumance à souhaits réhabilités. 

Chaque seconde, chaque minute, toutes les heures  du jour et de la nuit qui passent, sautant en  cascatelles, le torrent   donne et ne manque  pas. C'est en terrasses qu'il comblait et rythmait l'existence des hommes de la Terre, un peu plus près du ciel.

Si nous poursuivons notre chemin sur l'une des deux rives, un moulin surgira, flanqué avec noblesse au meilleur endroit qui eût canalisé l'énergie propre et magnifique vers la roue, le verger, le jardin des délices de saison, ne craignant jamais la crue, fût-elle du siècle.

Ainsi les ponts de l'époque Gênoise jettent toujours leur arche unique par-dessus des torrents impétueux

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Comment peut-on, en aval, près des agglomérations ravager et occuper anarchiquement de tels espaces à des fins industrielles, de rejet et d'abandon  de rebuts ?

Comment accepter, constater sans un esprit de révolte que l'industrie et le commerce occupent  et vandalisent  pareilles  berges de si beaux cours d'eau, aux portes des villages et des communes, affectant et souillant le paysage, de subtils équilibres naturels ? 

Comment,  à l'intime de soi, habitant de cette Terre Insulaire,  mépriser et enlaidir  ce que l'eau peut nous apporter de sources de vie et de plénitude ?

 

***

Viendra un jour où ces écrins fluides et dorés ne seront plus, à l'instar des grands fleuves d'Amérique du Nord, d'Afrique Sahélienne qui tarissent sur des distances considérables et forcent à l'exode climatique ! 

Il est grand temps de réagir et de sauver de tels espaces bordant  et accompagnant l'essor de nos villes, de nos communes, pour demain.

Nous recouvririons de précieux espaces ventilés et ombreux, des lieux de repos et de jeux indispensables à la vie citadine, des occasions de fontaines et d'eaux disséminées au gré des brises marines,  enfin un trésor inestimable qui  apaiserait les morsures de nouveaux soleils.

Et n'oublions jamais que ces torrents de haute et moyenne montagne constituent une manne, une réserve inestimable de matériaux naturels, géologiques susceptibles de remodeler indéfiniment ce que le dérèglement climatique et la montée des eaux pourraient nous enlever.

 

" ...  ÉLUS

LE SORT DE NOS RIVAGES ET DE NOS COURS D'EAU EST ENTRE VOS MAINS   ... "

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