serin

 

Petit Serin

Il fut une  époque, il n'y a pas si longtemps, les matins assourdissants, emplis du chant des oiseaux nous réveillaient au coeur de l'oliveraie, du commun accord des Quatre Saisons. Aurions-nous assassinée la Colombe  ? 

 

 

 

Sillonnons  les petites routes rousses, les chemins de campagnes et de moyenne montagne de notre île de Corse tant boisée.  Plus aucun oiseau ne se montre. Les passereaux, les rapaces, les ramiers   ont déserté ces lieux d'ombres et de fraîcheur qui jadis nous abritaient l'été, au bord du ruisseau, du torrent, des rivages de  la mer. Pourtant l'eau coule encore  des montagnes, du grand château d'eau, à la veille du mois d'août, après un printemps tellement  arrosé. Mais plus aucun chant ne  monte des arbres, des coteaux, des sous-bois, de la suberaie et ses myrtaies... Le village s'est tu ! 

Comme si ces petites créatures avaient définitivement migré, rejoint les hauteurs, les combes, les sapinières ! Mais non, il n'en  est rien, les oiseaux demeurent toujours  invisibles et ne se font plus entendre. Nous aurons atteint les crêtes, les sommets, en vain. Les refuges en altitude, les estives  vireraient-ils à la fournaise, un plus près du soleil et  de ces voiles aux fumées  opaques qui en  affolent  désormais les rayons  ?

  Est-ce l'air, ses nouvelles formules chimiques qui sévissent ? La virulence des pics de chaleur,  le rayonnement brutal du soleil les poussent à fuir ou  mourir ? Qui le sait, lorsqu'on mesure les dangers que font peser sur l'environnement les pesticides et les engrais industriels vendus  sans freins, depuis des décennies, qui précipitent la mort et l'extinction de milliers de biotopes, de toute la biodiversité locale, en vertu de la  lyse généralisée de la haute finance et ses marchés ! 

Un désastre qui confine à l'angoisse, à la tristesse, à ce sentiment immense de vide et d'absence, de magistral gâchis. Un gouffre béant que signe la perte de ces repères qui jalonnent l'harmonie, le bien -  être, la sauvegarde et la protection de tout ce qui peut s'avérer  essentiel pour l'être épris de nature, de simplicité, d'humlilité.

De longs serpents métalliques fusent sur les routes,  des centaines de milliers  de voitures  vomissent  gaz et virulentes touffeurs des moteurs en ébullition.

Ainsi les voyous  en cols blancs accréditent et perpétuent  le devenir d'une planète en réelle surchauffe dont l'atmosphère acide, acre et  hautement particularisée, les eaux suries  ne laissent  plus de peser sur la vie, dès l'aube jusqu'au crépuscule, quand la nuit ne connaît plus de répit ! Aurions-nous encore  l'espoir de s'éveiller au diapason  des lendemains qui chantent.

Comme si les oiseaux n'avaient jamais existé ou ne se concevaient qu'à l'aune des cages du commerce animalier de détail, à l'instar de la disparition catastrophique des abeilles, des insectes bénéfiques pour la nature.

L'argent prolifère, caracole, les profits atteignent des sommets. Les artifices, les plaisirs éphémères vont  poussés par un vent nauséabond.

La sécheresse est telle que la lisière du cercle Arctique s'embrase et voit  ses sapinières  primaires ravagées. Les grands parcs du Yosémite, de Yellostone de l'Ouest américain, les étendues  du Bush  australien s'embrasent, sont menacés par les sécheresses hallucinantes.

Les phénomènes affectent la  planète, gagnent en intensité, ignorent les frontières. Les chefs d'états valident et signent la croissance, la compétitivité, la surproduction, sans aucune limites ni mesures. Les grandes surfaces, chantres et antres des marchés  juteux persistent,  parfaitement investis,  continuent de vendre sur les étals les produits de la chimie qui tuent en masse les principes de vie et de biodiversité.

Nous nous relèverons pas de cet accident climatique ! La solution ne réside plus  dans cette frénésie aveugle  de vacances, de sur-production, de migration massive  exclusivement saisonnière, aux jours les plus chauds de l'année. 

Assez de cette curée, grand-messe  exacerbant les pics de chaleur et les canicules, les sécheresses. L'heure est à la gravité, à la prise  et à l'insurrection des consciences

!  

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