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Il fut un temps, nous rencontrions des Tortues marines, vers le Grand-Sud de l'Île de Corse, en Mer, le long  des rivages non fréquentés, exposés au large ou non loin des grands axes de migrations  saisonnières des êtres pélagiques. Féerie de l'instant, émerveillement !   Aujourd'hui s'éloigne de ces radieuses époques, pas à pas,  s'approche  de la fin de toute chose.

 

 A écouter cette Poésie /  ALBA, comme une aube 

!

 

Nager, flotter, planer au-dessus des terres depuis les flots ! Béer ainsi en volant   aux  champs, aux prairies, aux  fosses marines immergés. Une impression de protection, de quiétude depuis que le monde est  Mondes multiples ... Décrypter une vie durant la mémoire et le message qui nous fondent et nous portent en éternité.

La mer,  telle une vire surplombant l'infini, offre au regard d'une pensée les plus beaux  balcons sur l'univers. Frôler les poissons qui de nous n'ont pas peur  et nous accueillent  depuis  de chatoyants  herbiers, entre failles et rochers... Tout n'est que silences ondoyés, fluidité feutrée, profonde légèreté, travailleurs de la mer. Plénitude dont le sommeil  ne serait qu'apparences et, pourtant, quel foisonnement de vie peuple et voyage en toute clarté au coeur de l'autre ciel.

Univers fragile dont on ose plus attenter à la moindre manifestation de la vérité et de la lumière. évoluer  à la surface tout  en se mouvant sans  effort, relève du  miracle, hisse au-delà de tout.

Un verre minéral, un modeste prisme suffit  à révéler la source et l'origine des choses dont être nous lie, indéfectiblement au tout... Harmonie, présence, complétude, équilibre invariable des lois  qui nous parviennent  d'en haut ! Un sentiment d'appartenance fort, fusionnel que l'on ne saurait plus trahir ni heurter, blesser ou compromettre.

La vie des mers et des  océans, le rivage, courent de réels dangers. En eux disparaissent  sans limites  cette biodiversité  qu'il nous a été accordée de définir et de connaître précisément, électivement !

Qu'en font les décideurs, les responsables, les tenants des pouvoirs financiers et politiques ? Combien d'hommes de sciences alertent et interpellent ce microcosme dominant imbu, usant  d'une capacité de  décision et d'action sur l'avenir du  réel vital  et sans appel. Ont-ils  pris la mesure, évalué l'acuité et l'urgence des enjeux planétaires  majeurs et  primordiaux que la civilisation  risque ?  Quels retards arborent-ils  chaque jours qui passe en feignant d'agir sur les fronts de la représentation, de l'excès d'économies, des effets de communications à visées électorales, de l'insignifiance des moyens mis en oeuvre qui seraient de nature à réhabiliter l'étant et  les grands équilibres ancestraux aujourd'hui condamnés au déclin.

Évoquer et brandir  le spectre des déficits financiers à l'encontre de la Nature ourdit le complot de la destruction massive concertée, de la finitude   inéluctable d'un édifice irremplaçable. Plus rien, désormais,  ne justifie que l'on regarde de près les coûts engagés à refaire le Monde, les Mondes en souffrances, en sursis, gravement  menacés d'extinction  irréversible.

Une citadelle naturelle  complexe qui ne pourrait plus se passer de l'un de ses éléments, du caractère unique et indispensable de chacun d'eux, jusqu'aux termes de la chaîne des renaissances,  de tout processus de régénérescence, aussi infime soit-il !

En marge  de toute initiative collective décisive et  salutaire  destinée à stopper les mécanismes destructeurs, l'homme, à l'individuel,  doit s'évertuer à agir positivement et tout azimuts, pour l' Environnement qui l'abrite,  en intégrant sans failles ni bévues  le cadre de vie, en apprenant à situer et à comprendre toutes les répercussions que ses actes et ses choix engendrent  sur le Milieu, à contre-temps !

Les Manchots Royaux nous dit-on  disparaissent massivement, les Coraux blanchissent et meurent, des zones mortes marines se multiplient malgré les clichés ! 

En chemin, à bord des vents, vers les Îles ou la mer et le ciel  règnent sans horizon, je ressens une angoisse abyssale, un mal-être indéfinissable, comme si quelque chose de moi souffrait d'un mal aux mondes perdus. Y aurait-il encore une place pour la poésie, le rêve, l'imaginaire en prise avec  l'Etant de toujours,  en ce quotidien de chiffres, d'algorythmes et d'artifices numériques implacables

!

-  MARIN - 

Propos sur la Nature 

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