MARANA_NUAGE_DE_POLLUTION__

 

Terrible,  effrayant nuage et chape de POLLUTION  - Horizon  Lido de la MARANA - Haute-Corse. Vue du Col de TEGHJIME.  Les Îles de l'Archipel Toscan, les terres émergent de cette nappe, semblent flotter sur la mer grimée, calice sidéral des temps révolus à jamais

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Je ne vois plus les étoiles dans la nuit des étoiles sans lune et si noire des tombants du  Cap...  Les pluies torrentielles du jour, de très gros orages ont pourtant lavé le ciel ! Mais rien n'y fait, tout retourne au voile prémonitoire des prophéties ...

Sur le mur de  la citadelle, de l'autre côté du monde,  d'autres étoiles sont projetées et tournoient dans l'air âpre des affaires. Elles dansent, moins vraies, confinées, sans âme ni le nom rêveur des constellations.

Kaléidoscope numérique oblige, en guise d'ersatz de circonstances-climatiques-aggravées. Un bruit sourd, chaotique monte des  enceintes acoustiques,  délivre  une scansion mécanique,  lancine et  s'obstine sans desseins.

Un flux qui rejoint la canicule et la poussière en  forçant le ton de ces soirées estivales qui ne sont déjà plus, que d'aucuns n'auront pas connues ou déjà oubliées.

La foule arpente,  piétine le sol damé de tuf et  la terre pulvérulente qui n'ont  point été arrosés, rafraîchis, à deux pas de la mer immobile, muette, absente !

Les monts du Nebbiu, le Cap Corse semblent avoir dérogé à l'adage louant leurs sources de fraîcheur nocturne d'antan.

Nous sommes à Patrimoniu. Le Festival de la guitare est si vite passé ; vrilles oniriques de la vigne,  dont l'évocation enivre  toujours,  mêle  aux accords carmins  d'une  musique suave les touches goûteuses et chatoyantes d'un vin de terroirs légendaires. Coteaux antiques, uniques baisers à la " terre du commun "  que nous partageons comme  un soir d'été, l'amitié  !  

Sur la route du col, surplombant l'Archipel Toscan, les îles émergent, flottent sur un nuage de fumées opaques et sales. Gigantesque  pollution atmosphérique, marée stratosphérique en panne de vent stagnant et barrant d'une large bande les horizons de la Mer de Ligurie et de la mer  Tyrrhénienne.

La grande palette de couleurs célestes n'est plus que voile âcres dont le peintre ne saurait plus restituer la lumière, les contrastes, les contours. Vision de l'enfer moderne en ébullition ! L'appareil photo en  repousse les nuances turbides. 

Et le jour se rend   à la longue remontée mécanique d'un boyau infernal à la fois fluide et figé.  Bords  d'un voyage jonché de détritus broyés, jetés par la fenêtre des voitures pressées.

Des  colonnes, des volutes ahurissantes envahissent les ciels de la grande  montagnes dans  la mer puis  heurtent le toit des mondes en s'évasant comme l'enclume,  avant de déclencher  éclairs, foudres et tonnerre assourdissants.

En chemin, la chaleur atteint  des pics insupportables. Hangars, tôles, voies de bitume, tillacs  et tarmacs tentaculaires se renvoient l'émanantion trouble et torride  d'une canicule prémonitoire.

Un troupeau de moutons épouse au cordeau  l'aura  providentielle du grand chêne, se destine au choeur de l'ombre mêlée de brise que les champs en surchauffe accordent avant que d'être aux  morsures de la soif et du soleil. 

Au tréfonds de la ville, à l'unisson du tumulte, des bolides lâchés dans l'arène roulent  vers l'argent-roi en doublant, en décuplant l'humble mise du nomade

 

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