CUMULONIMBUS_GRAND_SUD_CORSE_ETE___2018

 

 

 Un château d'eau coiffe la montagne dans la mer 

PROSE

 

 

Un jour à part, nostalgique de l'automne, de l'hiver à l'orée du printemps ! Un jour qui voulut fuir l'été comme on se prend à fabuler l'eau des rêves où le soleil s'enroche dans les  nuées embrasées  du soir, avant la tempête ... Un  jour qui eut peur et qui se déprit, quelques heures, depuis  son  château d'eau,  de l'air d'une époque  en sursis !

J'en vécus les  amples métamorphoses,  la respiration, au diapason de ce nuage féerique qui ne laissa plus  de s'élever jusqu'au toit du monde en s'évasant. Enclume ouatinée dans sa  superbe albâtre.

Et la mer et le vent, s'animaient de ce souffle ascendant et tutélaire qui régna sur le Grand sud d'une île de la Grande Mer.

Un colosse vaporeux et dense  qui ne dut son assise qu'aux  volutes bourgeonnantes  et à  ses satellites qui gravitaient vers  l'étage inférieur. Eût-il ainsi et autant rayonné, depuis la mer, au-dessus des étendues fluides et sans horizon ? 

Il attira à lui une panoplie complète de nuages, de tous les niveaux, polis par les vents. Union séditieuse qui sembla vouloir  en découdre  avec les touffeurs et les folles  chaleurs des jours passés,  aux contours et aux horizons douteux,   sans fin grimés, irrémédiablement souillés !

  Et plus je m'éloignais en  regagnant  le large, plus il grandissait, vertigineux et imposant à la fois. Le vent, alentour, oscilla souvent, fraîchit puis mollit avant de  reprendre  de plus belle en suivant la déclinaison inéluctable  du soleil. Rien ne  jura  alors sur  l'azur et le massif  montagneux. 

Quelques avions, réduits à l'infiniment petit  se perdaient dans l'immensité ouatée du seigneur des nues. L'aura nébuleuse rythma le cours des heures, en silence, lointainement.

L'aura-t-on ailleurs admirée, vue, tout simplement regardée comme une curiosité inhabituelle, un signe  du ciel de bon augure ? Aura-t-elle  sans violence abreuvé la terre de toute l'eau régénérée ou nûment comblé le souhait d'un jour  plongé au coeur de la fournaise mécanisée, métallique ? 

Un édifice, une sphère  dont les spires gigantesques  auront capté et pris tout ce qu'il fût possible d'énergies, de poussières, de gaz multiples, de bouffées d'air torrides  ici-bas pour les emporter haut dans le ciel glacé,  pour soulager les morsures que l'ère moderne inflige au royaume de l'Ether !

Peu à peu,  je le vis s'étioler, céder de toute part,  se dissoudre. Informe, il s'effondra  sur lui-même,  dans une  blancheur  de sacre  immaculée. 

Il a été nommé mais je vous n'en dirai pas le vocable barbare validant le cumul imbus du petit écran ... Laissons à la poésie le soin de l'évoquer, de le voir  sans les yeux, avec le coeur, pour toute l'eau et les  douceurs que ce titan des airs  dépose sur la Terre. Terres  de toutes les harmonies, des saisons, des orages bénéfiques,  depuis la nuit des temps.

Ne lui  donnons plus ce surcroît  artificiel de force et de puissance dont il se nourrirait sans mesure, par l'homme dès lors et à toujours dévoyé, meurtrier ! 

L'impudent scrute l'espace, les constellations, de probables  planètes où la vie serait possible. Il recherche le moindre indice qui concluerait à la présence d'une infime quantité d'eau  susceptible d'abriter la vie, ses prémices dans le cosmos...  Sachons dès lors  prendre  soin de l'atmosphère de  Planète-Océan, du ciel qui demeure à portée de la main et qui fleurit majestuesement.

Ne virons point au Chaosmos

- MARIN -   A Terre 

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