fusilles_LORIENT

 

1000 Citoyens Français sont passés par le peloton d'excécution, durant la Grande Guerre ;  désobéissance, rébellion, désertion auront été leurs chefs d'inculpation. La ville de Lorient leur a dédié cette terrible stèle. Ils savaient qu'ils encouraient la mort et  qu'il la trouveraient, certes ! Mais du moins, l'auront-ils assumée, la main dans la main, le regard droit dans les yeux de leurs bourreaux, ( les gradés ), et des exécutants. La tête haute, sitôt en paix, juste avant la déflagration mortelle... Ils n'auront ni tué, ni cautionné  la mort de 18 Millions d'êtres humains, la déchirure de dizaines de Millions de foyers. Ils ont regardé ensemble la mort en face, sans aucun espoir de passer au travers de la mitraille, d'être blessé, secouru ... Ils ont donné leur vie pour ne point tué et, en cela, ont servi pacifiquement l'humanité

 

MORTS OUI MORTS POUR AVOIR REFUSE  DE TUER LEURS FRÈRES DEVENUS ENNEMIS PAR LE JEU SORDIDE DES POLITIQUES, DES DÉCIDEURS, DE L'ORGUEIL DES VAINCUS DE 1870. 

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ON CHANGE DE CAMP POUR LAVER L'AFFRONT DE LA DEFAITE, DANS  QUELLES PROPORTIONS 

 

 

 

A  TUTTI   QUIDDI  SO  CASCATI  IN FRANCIA    IN MIMORIA  E  DI  CORE 

 

 

 

Au tout     que les époques vaguement  rappellent
à leurs infinis répons
Au réveil des  mots du petit matin
que l'on ramène  parfois      des confins  de la nuit
mystérieusement constellée
A la grisaille qui   de soi     distance
A ces bruits diffus   absents        si distants 
que le percolateur invite      lancinant
comme l'antienne chagrine
s'envole d'un quai  de gare      à la recherche du temps perdu

Près de l'âtre
aux senteurs boisées du pain
humant le café serré      bruyamment moulu
D'entre les années Appolinaire
le Montmartre enivré des arts       les alcools maudits
un poème Aragon qui caresse mon Elsa
et que chante à ravir Ferrat    l'ami-
pourfendeur des Bicentenaires et des palais           de glace

Je suis      en vain      lointainement 
puis vogue et me dissous
soûl d'azur      libre de chérir la mer

Allant par quelques arcanes révélées
pèlerin
pauvre Martin
orphelin sur le vivant des liens       en deuil
A bord d'une île       Et s'esseule
de passage
une guise                    un songe
Des voix en choeurs                  antiques
obstinément
entonnent    amènes  
un psaume  un   thrène  

 

Identité
Liberté
Hosanna
Mémoire
Kyrie Eleison        Santa Pace 

 

Tant de vers - sang       en multitudes
diluvient la terre  ses racines et ses  tranchées
Au-delà      une polyphonie ancestrale
clame à toujours l'alliance 
qui s'ablue     qui veille  la flamme sacrée
de chemin        au pied de la stèle


Les hautes cimes
n'ont pas oublié le plain- chant
des torrents translucides
jadis       tragiquement garances
lorsqu'ils se jetaient         à corps perdus
dans l'océan mémoriel
Dantesques cadences passées par le feu et l'oubli
de la guerre et de la pacification sanglantes_élevées

Des voix de sources sourdent
et reviennent     encore et toujours
Chaleureuses et si tristes à la fois
qui  comblent le désert houleux
des silences éloquents       des salons Empires incarnats 
qui apaisent le sanglot  innocent
Humble     ma taverne noie ses alcools
les fumées éthérés       l'horizon des îles
arrimées  à la traite   aux bagnes  aux pelotons de l'infamie
fussent-ils  de l'autre côté des mondes asservis

Le coeur brisé       l'actualité fugace   en vrac 
débite la masse séculaire d'une information brutale
Faits inaudibles  cumulés   
que ponctuent sans ménagement l'insane réclame
et les outrages tonitruants de l'ivresse attablée 

A la lueur vacillante d'un quinquet
la radio     tombereau sonore occasionnel
livre  le faix du mal-être  légitimé
irrémédiablement perpétré

Sur le carreau froid du tripot
comme sur la morne plaine des moissons contaminées
chutent de  tragiques nouvelles
qui submergent l'âme      qui imprègnent
le penser douloureux de  milles intailles
Les nécessités désenchantées valent
verdicts       irrévocables fatalités 

Suis-je    ici-bas    maintenant     ailleurs
sans l'ombre d'un doute
un-certain   de ne jamais plus me rejoindre
ou d'avoir déjà été        du retour des larmes
des charrois morbides d'une histoire sans fin
ciron pensant sur la Terre du commun
voyageant vers l'éternité révérée
de plausibles vérités  signées   Hawkings 

Que je participe encore et toujours
de la fresque     du message                  Guernica
comme l'instant dévoile leurs  harmoniques
quelques accords diatoniques
qui transcrivent et composent
à toujours les pans de Terre des Hommes 
qui ne servent point les servitudes  conquérantes

Un sourire    un regard     une vision
de nous ressuscités de la folie
au gré d'une rencontre     d'un Vol de Nuit 
fulgurent l'ultime
dessein d'une vie

Sur les fronts des-armées    des menées  des complots   
tombent les frappes chirurgicales
ces tapis de bombes creusant leurs  tombes béantes 
qui font mal aux mondes à genoux     le front prosterné 
Les poètes-chanteurs    un à un   s'éteignent
ôtant ainsi  une étoile aux ciels  pacifiques  Hölderlin    Gibran
Neruda    Lorca     Eluard      Darwish

Et les jours de gloires
perpétuellement commémorés 
consomment le devoir de contrition   
incombant au vivant     Louanges posthumes à l'égard des peuples belligérants  
élevées sur le terreau de la mort par myriades   et de la mémoire  
Ainsi soit la manne du sang impur invoqué 
le sillon abreuvé que papes et tyrans     à l'envi
choient et portent à la table arrosée des rois
des argentiers Com-plaisants

Des gradés     en vogue    à la Une      depuis le petit écran
jurent sans faile  au nom de l'ordre établi
par-venus aux termes glauques  des pactes meurtriers et félons
achèvent de tarir l'univers des  promesses quand
au nom de la prescription historiale
ils barrent le firmament comme ils sabrent
sur le parvis des empires financiers  
la victoire des armes con-sensuelles
vendues à l'encan     sciemment disséminées

Brumes et brouillards acides
nuages denses de particules
ceignent les mers  et les terres en surchauffe
Les vagues  des vents  terrifiants
précipitent leur courroux aux rivages
tel un front de révolte tutélaire
De vastes zones marines meurent
et connaissent la lente agonie
que nient les trésoriers de  ce monde
et les décideurs  opportunistes rivés aux affaires 

Ultimes refuges d'un eldorado bleu
aux clichés     aux apparats surfaits
Sur fonds de déclin     de mort imminente
marées de tempête et moutons
sont en ordre de marche   Livrées infernales
des coups de temps  qui montent à l'assaut
des citadelles vouées aux naufrages
à la dissolution   au chaos     à l'entropie
irréversible

Mon regard vague        hagard
Un drone s'accorde les splendeurs
de Terre     de Planète - Océan en sursis
Je souffre en plein ciel
de ce fatras d'images trompeuses
et de  l'échec de la pensée qui se monnaie
Mille gâchis      autant d'envols sans lendemain
ni migration  pour la colombe
les palombes férocement piégées 
Et les dieux mutiques jouent aux dés
entre eux  misent et parient    solennellement
en vertu des  saintes valeurs les maux inéluctables du futur
Ils empoisonnent déjà l'histoire
à naître   un nouvel espace - temps  condamné
technologiquement dégradé    et fomentent une autre  guerre mondiale

!

En cours  ou du long décours d'un mal aux Mondes, d'un mal être, ici-bas,  esclave de l'homme-dieu  porté au pouvoir  qui décide et perpètre le renouveau de la guerre, signant  pour l'éternité, en chaque victime, l'échec de la pensée et de l'humain dessein de vie sur cette terre.