DSCN0521

 

«  C'est près de l'eau que j'ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l'intermédiaire d'un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l'eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d'un vallon, au bord d'une eau vive, dans l'ombre courte des saules et des osières.   »

Gaston BACHELARD 

DSCN8620

 

Une littérature si  proche des éléments naturels et du feu dans lesquels l'auteur  souligne,  avec une extrême sensibilité poétique,  ces  numineux appels  qui régissent l'existence et nos rapports aux mondes, dans la transparence et le pacte essentiel de la matière, dans tout ce qu'ils recèlent d'énigmes, de symboles hautement  spirituels, de mysticisme, plus loin que les apparences et les sens.

Émergence de la plus belles des apparences : la transparence, cette vacuité où tout devient possible, habitée de silences abyssaux, d'azur, éthérés ...

Ainsi de la poétique, des alcools du mouvement allégorique, du faisceau  dense de l'eau  et des vagues - attrape-rêves

On en viendrait presque à évoquer le sentiment océanique qui étreint le marin, le navigateur solitaire, l'adepte de ces Solo qui marquent  la conscience pour le restant de ses jours ...!

L'eau, tel un chant de harpe vagabond, complainte lointaine que les accords de la Kora  cueillent au chapelet des rêves et des songes ! Un  univers musical fantastique égrenant le temps, le cours d'une existence fleuve qui se rend à la mer, que la mer prend, sans que nous la prenions, au grand jamais ...

Fluidité  inextinguible de l'azur ! Voilà  qui accompagne  sans fin le cycle des renaissances que l'imaginaire traverse jusqu'au terme de la rêverie du Promeneur Solitaire prophétique ... Il n'y qu'un pas, une bordée qui unit et dévoile  les  arcanes silencieuses de la psyché.

Miroir sans tain pour océan-mer, que nous promets-tu ? 

L'immensité, les abysses, l'air du temps, ces guises d'éternité que nous aurons ici-bas, quoiqu'il advienne, habitées, découvertes, tant explorées afin qu'il nous en restât quelque chose de tangible, de palpable  ?  Dernier, ultime horizon de nous avant que  d'être rendu Eau-Delà, poussières, embruns dans le vent si bien chanté et évoqué en ces temps de ré-volition !...

De cette dialectique allégorique, l'homme se définit et se situe au coeur d'une relation et d'une volonté harmonieuse. Quête trans-lucide, dont l'acte fabule,  depuis les rêves, au gré de l'eau, une infinité de possibles, un pays où le doute et l'excès de raison n'auraient pas de place. Mais de l'Amour, certainement 

!

-  MARIN - 

Fragments 

 

La mort de l'eau est plus songeuse que la mort  de la terre : la peine de l'eau est infinie

 

DSCN0574_001