RESTAURATION_TABLE_BOIS_FLOTTES_

Ouvrage Bois Flottés en cours de réalisation  par

JAKOU LEKROKANT 

 

Il furent certainement nombreux, celles et ceux qui, dans le temps,  s'attablèrent  en cercle, louant le lien des racines et le pain quotidien,  autour du repas frugal, le soir revenu, après une longue journée  aux champs !

Ils appartenaient à la terre qu'il travaillaient et qui leur donnaient  l'essentiel. De l'essence du bois des hauts pins du massif proche aux denrées du dîner, une seule pensée cheminait dans les esprits, en silence,  qui ravissait et préparait malgré l'indigence le cours  du temps, de  l'existence  de bien humbles récompenses.

Était-ce là  le prix à payer pour  durer, traverser les saisons,  un peu plus libres, moins asservis et soumis aux magnats et aux petits marquis des villes et des grands domaines ? Oui, certainement ...

Pour qui travaille le bois, pour toutes les rudesses du  labeur manuel dont on connaît et mesure  l'exigence,  les charges de l'effort, la rigueur et la précision et, qui comprendront !

Un travail en définitive méprisé par les bas salaires et la précarité imposés d'en - haut,  comme une damnation,  rappelant sans cesse l'exploitation de l'homme et de la masse par l'homme arrivé qui revient en force, j'édite et publie cette image ... 

Il s'agit d'un  meuble traditionnel et campagnard sauvé  de la décharge. Il ne subsiste  qu'un large plateau en demi-lunes décelé et  dont le châssis  vermoulu aura pourri et cédé à la gravité.

J'ai décidé, très lentement, de lui redonner vie, de me rapprocher de l'époque des anciens, les nôtres, que je n'aurai pas connus, qui seront partis au Front, mourir par myriades ... Morts et depuis,  six pieds sous terre, après avoir enduré d'ignobles souffrances, ils  sont commémorés, guises de vies souterraines !

Qui étaient les violents ? Les gouvernements de l'époque, les  et caciques  et les séides ou les pauvres poilus ? Qui les ont précipités vers le feu et la géhenne mondiale  ? Qui aura vidé  l'Île de Corse de ses âmes ? Le peuple ou l'état ayant failli  à la pensée digne de l'humain,  pour semer le chaos meurtrier de la guerre et la mort pour 20 Millions d'êtres humains ? 

Ceux qui défendaient la paix ont péri, fusillés, pour  insubordination ; l'envers de  la raison d'état précipita les peuples ! Paradoxes et menées insoutenables du pouvoir en place, de la dominance ! 

Revenons à cette métamorphose, en cours de réalisation, dont nous vous donnerons un jour, peut-être, l'apparence finale et modeste ... Oui, le châssis devient cadre en Bois Flottés à adapter au plateau. Bois assemblés par tenons et double mortaises + queues d'arondes, en guise de clés ; 

Il nous faudra rajouter sur le T du bas, 4 petites traverses en biais, renforçant la structure et l'équerre de la table. Le plateau en demi-lunes dispose d'une grande voilure ; aussi, fallait-il adapter l'assise dont les pieds lourds s'évasent  dans les 2 sens de la longueur et de la largeur.

Le principe de la table reprend le concept de la table de vigneron alsacienne, soit un plateau amovible, posé sur le cadre et, chevillé au  corps même des traverses supérieures, dans la longueur. On peut dès lors envisager de réaliser  un cadre plus bas afin de déjeuner sur une table basse, devant le foyer, un peu à la façon des Orientaux...

Nous vous détaillerons la création finale, une fois cirée, bien sûre, qui sait, pour les fêtes, en espérant que la colère légitime des gens du labeur et de la précarité  soient d'ici - là entendue, écoutée, satisfaite. Que les " Gilets Jaunes " soient  enfin prêts à connaître un  Noël décent, sans  drastiques privations.

Mais que serait la société française sans les Associations, les dons, le bénévolat et, n'ayant pour seuls interlocuteurs,  que les forces de l'ordre en cas de déconvenues ? 

Des forces de l'ordre curieusement dépassées, alors que l'on comptait un manifestant pour un fonctionnaire de police sur Paris centre ? Comment est-ce possible ?  Comment laisser, avec un tel dispositif, la place de l'Etoile à la merci des casseurs ? Trouble, très trouble ... !

Et mon ciseau à bois mord le bois au penser révoltant de l'injustice que l'on entretient entre le travail manuel et le travail stratosphérique ? Comment justifier ces écarts faramineux.

C'est un peu comme la différence honteuse  que l'on trouve, entretenue depuis le sommet de l'état,  entre le salaire et les retraites des hommes et les émoluments des femmes dans notre société.

Autour d'une table, petits marquis et marquises, il y a toujours de quoi épiloguer, deviser, dénoncer dans le calme tous les ferments de la révolte que le système sème, pour quelques dollars de plus 

JAKOU LEKROKANT