POUSSIERE_D_ETOILE

 

 Comme un  pan de Lune et de désert  livrés aux vents  solaires, que ne serais-je plus,  un jour,   de  la noria  des ciels denses, de ces poussières d'étoiles tombées sur  la Terre, au  temps de ces pluies cosmiques  qui auraient, goutte à goutte,  engendré mers et océans, depuis l'éternel commencement !... 

J'ai souligné humblement et si près de vagues rêves,  au coeur des  vagues,   dont l'arc et la flèche tendent toujours  vers l'infini, hors du temps. Insigne  sigle des confins ...

La lumière solsticielle, l'hiver  jouent  encore à joindre l'arc-en-ciel  aux rayons de l'astre de vie si chaud, si tendre, si rassurant quand il luit pour tous. Viendrait-il à manquer,  ne serait-ce qu'un seul jour et,  le tout basculerait dans l'abîme, sans dieux et sans espoirs. Les mondes plongeraient  alors,  en une fraction de seconde, dans le cauchemar éveillé, l'incompréhension, la panique irraisonnée du sursis, de la mort imminente. La préciosité  de la vie sitôt brillerait comme  mille feux ! 

Nous devons prendre grand soin de cet état improbable de quiètude et de pérennité qui perpétue la vie,  comme le vent met en forme les grands espaces régénérant le vivant ! Rien ici-bas ne saurait, en l'état  de Nature accomplie,  rompre aux  harmonies abyssales de la création dont  l'on se garde bien de nommer le grand ordonnateur des choses et des " systèmes de choses " palingénésiques.

L'infiniment petit - quantique, l'infiniment grand, livrés aux hasards, à la nécessité, au temps et à l'espace,  plus que vastes que la conscience, la connaissance,  nous auront déposés ici, sur ce vaisseau  qui devait aboutir à l'émergence de la vie, d'une forme de vie, selon les exigences de l'étant dont on se pose les questions pertinentes d'une tangible réplication, ailleurs, à travers l'Univers, d'autres galaxies, maints possibles. Heureuse équation aux kyrielles, aux myriades de myriades  d'inconnues ...

La traversée se devait d'être belle, pacifique, à la hauteur justement des desseins de  l'Univers, je veux dire des ces rapports au temps, à la vie, à l'espace que rien, de raison, n'eût trahi... 

Il est  des richesses incommensurables, inestimables qui,  tous les jours que le système solaire fait,  disparaîssent à jamais et viennent  abonder les musées, les mouroirs pour animaux séchés, empaillés, exposés à la curiosité enfantine, à la poussière des archives.

Il est ce culte du chiffre qui tue la vie, empoisonne l'existence, méprise et nie  les nobles équilibres naturels de planète - terre, de planète-océan, de mer-océan ... Est-ce assez ?

Jusqu'où la folie des hommes pense-t-elle aller, par-delà les hommes sages et dignes de l'être ?  Au terme de la dominance et des formes insanes du pouvoir, de l'accaparement, de la destruction massive...

Pensées sur la mer d'autant plus terrifiantes, obsédantes, qu'elles évoluent encore entre les vagues bleues et blanches d'une céleste pureté menacée, sur le point de rendre l'âme, condamnée à subir la vendicte et le diktat de l'or noir.

Puissè-je encore et toujours m'enivrer de ciels bleus translucides, odorant le large, les saisons, la douce chaleur du soleil et de la terre au printemps, des  vents ultramarins,  providentiellement insulaires  ! 

Un Monde et ses mondes  où l'on  ne prédirait plus le temps, on ne le contraindrait  point sur le quadrant de la montre. Il  s'écoulerait au rythme de la voile revenue, sans exigences  de  durée ni  urgences  de papier. Un temps propre, respectueux de la vie,  des saines métamorphoses, du cours des  choses qui fondent durablement l'intelligence et le génie  de l'homme...

Vivre, exister, traverser l'existence  enfin selon le pouls de la terre toute entière et  jamais plus dans l'attente et l'angoisse  d'une fin  tragique,  programmée et inévitable, tant les désordres perpétrés par le culte du chiffre  sont immenses et irréversibles.

Le chiffre, ses puissantes métriques et logiques binaires,   dites artificielles qui le soutendent et l'investissent,  règnent, désormais  imprescriptibles, impitoyables quand ils s'affranchissent  du coeur, du choeur des éléments. Credo irréfragable, nouvelle grille, la Civilation a depuis deux siècles amorcé son inéluctable déclin vers l'entropie très anthropique. 

Juchés entre  deux siècles et deux millénaires, nous en sommes les victimes et les témoins très affectés, impuissants, les possédés sans freins, les soumis  aux désordres mondiaux  que les  grands décideurs et des tyrans initient  et instaurent, à tout jamais

 

- MARIN   /  PENSEES EN MER  -  

SAIL AWAY 

 

 

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