BOIS_FLOTTES_

 

 

 

Une table,  une chaise,  blondes comme les blés. Du bois des flots  pour quelques songes en demi-lunes, écrire et y déposer un penser vrai ... Comme s'il en eût été de la chambre lumineuse, étrangement belle et familière de Vincent, en Arles, au coeur de la Provence, du pays des santons et de la pastorale, des sources cachées, l'univers de la poésie  rayonnante et inextinguible  qu'ondoie un  perpétuel et prestigieux Mistral !  Des vies,  des idées  de nos beaux pays d'antan et des Baux de Provence, autant d'histoires  s'en sont allées, qui perdurent et s'entent à notre regard posé sur le monde général qui va, aveuglement, qui fuit, insensé, irraisonné. 

Et je pleure si souvent les préciosités de  ces mondes perdus  que la modernité et le chiffre happent, au tréfonds de l'ennui, de l'uiformité des biens de la richesse et du modèle sitôt galvaudé, vantant  modes et moules para-métrés.

Cette métrique,  mise en équation de l'existence, des menées  impitoyables de la machine, de la mécanique quantique désormais tutélaire, de l'intelligence virtuelle dont l'homme exacerbe et repousse  à outrance les capacités de mémoire sans limites. Inexorables froidures des temps modernes que Charlot, il y a déjà si longtemps, raillait déjà ! ... Desseins ?

Je vous écris d'un espace-temps que le chant des vagues berce, depuis le choeur des choses, des métamorphoses, d'une vie de Rose dont  le petit Prince par mégarde vient d'écorcher, de blesser la jeune beauté, un matin de printemps, au-delà de tous les déserts.

Ces quelques brins de prose voguent, s'égarent et dérivent, emportés par les lames et les vents que la machine à accélérer le temps rend fous,  on ne sait trop pourquoi ! 

Que je puisse encore  m'attabler, m'assoeir devant l'âtre et le foyer de bois secs, penser, écrire, écouter le champ d'un feu abyssal, humer le parfum de la madeleine,  m'envoler dans le regard  des oiseaux  disparus à la recherche du temps dérobé, non parce qu'il aurait été en soi consumé, pour soi,  tel un viatique  sursitaire et fragile mais, bien en raison de l'irréversible   décours d'un monde  profondément blessé en sa diversité, atteint d'un mal incurable oscillant et vacillant entre orgueil et vanité.

La mer était béryl. Le coup de vent  au large en avait décidé ainsi. Dans l'instant,  gerbe d'écume, voile d'embrums, entre deux  lointains écueils que la longue houle révélait, je renaissais. L'enfant en moi qui sommeille recouvrait comme une impression, l'expression de ces choses profondes  dont le caractère immanent fascine telle une découverte majeure au coeur de la Nuit Obscure ! D'entre les camaïeux azur de la mer et les ocres parsemés de la terre sourdent de célestes symphonies

 

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