LE_GOELAND_DANS_LE__VENT_VIOLENT_

 

 

Ils transcrivent la musique des vents /   De  leurs ailes archers  /  Du plus beaux des violons

 

Je les ai vus  tenir  le vent et ses violentes rafales. La mer fumait. De la crête des lames s'envolaient  de lourds tourbillons d'écume qui  s'abattaient plus loin, sous le vent,  en fouettant la surface des eaux tumultueuses, toute la mer en résille d'embruns.

La tempête froissait  les puissantes ondes d'une houle lointaine et établie. Goélands et Puffins, plus au large  dominaient le cours du temps, se rappelaient à la vérité  d'un vol cosmique. Ailes tutélaires du  grand Peuple Migrateur de retour vers les îles de la Grande Mer.

Plain-chant  dont on loua un jour l'expression émouvante d'une histoire mystérieuse et sans fin, toujours recommencée, autour de la  Terre,  emmenée et guidée par  l'expression d'un énigmatique  Mana océanique.

Je les ai vus, joueurs et voltigeurs infatigables,  raser l'azur, tailler dans les airs ces arabesques et ces arcatures de rosaces complexes dignes des plus beaux zéliges que la passion et le génie bâtisseur  vouent aux dieux  d'une vie.

Ils ne redoutent rien ; le courage leur est  étranger, le risque ne signifient  pour eux ... Le fort coup de vent les prépare, jour après jour,  aux féeries de la mer indomptée qu'ils soulignent en toute liberté et consentement mutuel.

Sans eux, la mer, le rivage, le sillage  ne seraient plus ce qu'ils   embrassent et réunissent avec sens et  tant de solennité. Poétiquement vrais, énigmatique et tout à la fois angélique, le vol de l'oiseau suit un cap hors du temps et de la distance.

Ne dit-on pas que l'Albatros défie les immensités des hautes latitudes sans concéder un seul battement d'ailes. Fruits de la perfection que l'on découvre aussi chez le Puffin Cendré, ce petit Albatros des contrées et des mers méridionales que nous côtoyons si souvent, de retour de ses migrations, à l'approche du printemps.

Ils affectionnent en  se regroupant et   tout particulièrement la mer forte,  coups de temps et grand - frais, caracolent et  surgissent des vallons liquides  avec maestria, laissant à leurs  ailes le soin de dessiner  la folie des violentes rafales sans la moindre perturbation.

Sibyllin duo,  duo transmué, séraphique présence qu'un regard madré  peuple et anime, sans frontières ni autres limites que l'infiniment bleu.

Ils sont de toutes mes sorties en Mer ; la mer sans eux m'apparaît orpheline

!

- MARIN - 

Ange-Puffin