LA_ROUE_D_UN_MOULIN_A_EAU__GRAND__SUD__CORSE_

Il veut prier : son cœur ne sait plus de prière.
Froid, et l’acédia lui desséchant la peau,
C’est un homme de marbre assis sur un tombeau.
 

Jules LEMAÎTRE - 1881  -  

Poésies, Les médaillons, IV 

Lares I : L’auteur de l’Imitation ; Alphonse Lemerre éditeur, Paris, s. d. [après 1881] page 118

 

 

ACEDIA 

 

C'est dans les plis du vent
les profondes rides de Vieil Océan
que sombrent en silence les maux
de l'acédie

Tu aurais été de la noria des vagues
L'onde au clair sillage
en ses points de tangence
exalta si souvent
l'absolu   la folle ivreté
de tes bordées

Fabuleux Triskell des  Celties
roue du temps sibylline 
qu'un vol étrange
append
au songe de vous
de passage
ici-bas

Et tourne    mélodieuse
en surplombant la mer
l'aire des moissons fécondes
l'attelage des saisons    des années
Poussière     bale que la bise vanne
à l'instantané de Île - Soeur
Eau-Delà
des moulins déchus

Et si tu relevais
pour un moment    encore
du chant des accords lointains
débondant le choeur
de l'alliance
dont le coeur demeure
à jamais époint

Où que tu vagues
de l'Orient au Ponant
que de rimes aux absinthes rares
vous rassemblent
en cet unique dessein de pierres
jusqu'au bout de la longue nuit
sans sommeil

§ 

-  MARIN  -

EAU-DELA