LE_PETIT_PRINCE_

 Dessin : A de St-Exupery

 

 

Les jours déclinent. La lumière peu à peu nous quitte. Notre vaisseau
s'incline en se rapprochant de l'étoile vitale ; révérence au dieu cosmique !
Tu portes à la fin de l'été ce fardeau de durer que
le temps dépose sur tes épaules, en toi, un peu plus lourd et si léger à la fois.
La rive s'esseule, s'ouvre au large. On dira qu'elle souffle dans le balancement
apaisant des brises de mer et de terre. Une année s'en va. De quoi
la suivante sera-t-elle faite, pris que nous sommes  dans le tourbillon des modernités fracassantes ?
Révolution que chaque jour et Planète Bleue offrent pourtant au soleil.
Ainsi de l'horloge mystique, de la mécanique céleste
dont tu nais et demeure, de passage, au diapason des saisons, des lunaisons...
Équinoxes et solstices défilent en soulignant profondément les révélations de l'azur
les ors du couchant et du levant.
Tu auras été comme le fruit à l'arbre du verger ; guises de promesses inextinguibles ;
Puisses-tu en emporter les sucs spirituels, ces éclats de co-naissance
aux mondes multiples que tu auras sans fin tenté d'épargner, de chérir ?
Il est des accords que la diversité et la différence composent,
tels les mystères de la musique, de l'esquisse, d'une prière,
à l'intime et à l'instantanée de l'émotion ; douce ivreté !
Retranscris-en les rivages, le langage et le penser intarissables
qui fluent vers la mer de la tranquillité.
Depuis ces vires de hautes lices,  d'une île jadis si belle,  tourné vers l'horizon
sans frontières des mers et des océans, sois et deviens ! 
Tu sais lire encore dans les ciels les signes ancestraux, les oracles antiques.
Ils te sont repères sur la voie saine des grands migrateurs.
N'auras -tu jamais vu ou imaginé ici-bas les quarante trois couchers de soleil
qui tant émerveillèrent un jour, une éternité, le petit Prince

?

- MARIN -