CIELS_

 

Que ne t'élances-tu,  jamais assez ?  plain - ciel. Univers fluide,  émulsion  éthérée ;  l'autre atmosphère dense et  toute aussi vitale qu'essentielle salue la tempête. Sois leur hôte, unitivement.

Il n'y paraît guère mais saches que l'azur sur lequel tu planes reflète à l'identique l'éther des cieux respirables que les derniers nuages soulignent.

A terre,  telles les îles flottant dans l'espace immensurable des  mers et des océans, disséminés autour  d'un immense vaisseau cosmique,  nous demeurons sujets et conscients de toutes les gravités et pesanteurs qui nous définissent ici-bas. 

Tu renais à ce penser en mer, au coeur de la  tempête. L'embrun est roi, qui emporte tes mots dans l'éva-naissance des îles ceintes d'écume. Il est comme un silence absolu, un chaos incompréhensiblement harmonieux. Qui oserait en souiller, en ignorer dans les hautes sphères,  les sublimités ?  

Va, échappe-toi,  enivre-toi des blanches nues et de ces lames cyan  qui les imitent jusqu'au bout de la poésie palingénésique.

Qu'en ces lieux de solitudes ouvertes sur le grand large, eau-delà des codes et du paraître, hors normes  et  autres couloirs infamants, plus loin que la destination des mondes finis,

croise, vogue, envole-toi, plane et  glisse comme le Puffin Cendré  fuse au ras des flots tempétueux.

Ta voie  clarifie un florilège d'émotions,  l'inhabituel et ses  révélations que toute  liberté cueille au fil de l'eau et des vents droits ! 

Il est quelque part une île où l'on recouvre le temps du rêve, au détour  d'un cap, d'un tournant, obliquant avec les bourrasques et les houles lointaines. Les chimères s'abstentent.

Le temps entonne comme un chant  vrai, lointain et si familier à la fois ;  écoute donc le  plain-chant des ciels à tout jamais liés l'un à l'autre.

Et que tu t'en éprennes ainsi, si profondément,  vaut indéfectible gage d'amour et d'alliance

-  MARIN - 

Eau-Delà 

 

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