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 "   Parce que la destruction de la nature rapporte de l'argent. L'Etat est un monstre cruel qui ne voit chaque fois que son intérêt. Et lorsque certains hommes politiques affirment que la morale s'arrête au seuil de la raison d'Etat, ils nous font comprendre qu'ils nous prennent pour des imbéciles. L'Etat ne connaît tout simplement pas la morale. " 


Théodore MONOD

/  (1902-2000), " Révérence à la Vie " - Conversations avec Jean-Philippe de Tonnac. Bernard Grasset, Paris, 1999.

 

 

 

... Le soleil décline. La Terre penche ; les flots tutoient les nuages. Une île s'esseule déjà en regagnant la nuit, chaque jour, un peu plus près du solstice. Furtives, les ombres peuplent  ton sillage d'absences  ! 

Les ciels recouvrent quelques pans  fugaces de saines clartés. La marée lunaire, Séléné, enfin  périgée, gonfle les eaux souillées du  vaste détroit. Vers le récif et ses sentinelles de granite mordoré, que de  vagues écumeuses se livrent secrètement  aux dessins oniriques des fonds marins.

La trainée pétillante que tu laisses  plaît au Puffin, lève les cormorans, ourle les ondes d'une  houle lointaine. Les terres défilent, s'enfuient et se dérobent à la vue, à toutes les contraintes de la cohue terrestre. Il n'est d'autres lumières que le faisceau  du soleil. L'embrun tamise le reflet des cieux, avec foi. Et tu demeures,  de la vérité  de ces chants de cristal.

Symphonie marine, te dis-je ! 

Vogue, solitaire, symbiote que les grands espaces et les vents  fascinent et appellent, obstinément. Dans tes yeux, je vois les prémisses d'une alliance sans failles. Une  résonance qui  parfait  les champs de toutes les sublimités. Contrastes ou radiances ; l'oeil se complaît,  à l'instantané de satin  d'une vision  fluide. Je comprends  ton mal de terre, ce mal aux mondes trahis, meurtris, dérivant sans fin, dans la désespérance de l'impossible espoir  !

L'hiver te sera à nouveau purs sillages,  lendemains,  perditions, âmes naufragées ; le passeras-tu sans  encombre ni fortune de mer ? Le destin ne s'écrit pas à l'encre. Qui  largue les amarres, toujours prêt à lever l'ancre. Il  appareille pour l'infini, chargé,  empli, grevé de tous les  passés des mondes

!

- MARIN - 

Musique ta Vie