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"  MAL AUX MONDES  "

 

 

Une expression, un terrible ressenti que j'emprunte  à Mr Gérald BLONCOURT. Ici et tant à propos, à l'attention du " Peuple Migrateur  " dont voici le Chant Polyphonique ancestral !

Mais il est aussi tant de mondes, d'univers, de champs dévastés de la vie et de la nature qui furent en beautés, en paix, sereins.

Un tout, un ensemble qui procèderaient des mêmes logiques prédatrices et meutrières  de l'homme sur l'homme et son milieu ; un épitome du mal perpétré sur Terre ! Ainsi de ces  crève-coeur, au quotidien qui dilacèrent le cours des choses, des métamorphoses, du grandiose 

...

 

A FILETTA 

!

 

Ce jour-là, je fus malgré moi, l'hôte attristé des terres insulaires brûlées, des champs désespérément secs et arides,  des routes jonchées de détritus et de fragments plastiques abandonnés aux vents par un été atroce et tenace, indifférent à la splendeur quand elle naît de la distance  et des écarts aux profits, à l'exploitation aveugle et  sans mesure.

 

Et pourtant, l'automne, une Île merveilleuse, comme  si rien n'eût jamais changé, avaient rendez-vous avec  le peuple des oiseaux, le Peuple Migrateur si bien chanté, loué.

Les nues sombres  couraient dans les ciels exsangues d'eau, de pluie, malgré une couverture, un dais remarquable. La nature  semblait suffoquer, demander à boire, souillée, dépeuplée depuis si longtemps ! 

Alors, je  les  vis, -  pour ne pas les nommer -,   qui s'étaient postés,  nombreux,  depuis le bord de la route, sur-armés, par les dispositions  gouvernementales paradoxales.

Ils ceignaient, encerclaient  le vol affolé d'un essaim de grands et nobles migrateurs. Les détonations retentirent, claquèrent, portées par un puissant Levant. De toutes parts fusa le plombs. Il est un temps où ces oiseaux étaient de providentiels messagers ...

Je fus le témoin  attristé, impuissant,  d'une scène  insupportable ! L'oiseau, le couple chutant dans la mort.  Le grand voyageur éreinté, criblé de mitraille en plein ciel, acculé, rompant cruellement  aux harmonies de la migration, incompréhensiblement.

Louis Aragon évoquait en son temps "  l'hécatombe des rossignols  "  

!

La veille, les nobles et splendides ramiers furent mes compagnons d'aventures ! Aujourd'hui, les voilà pris pour cibles. Coups à répétition des armes automatiques, aveugles, dilacérant l'air comme elles assassinent tous les rêves de migration que le coeur batit. Un funeste écho meurtrissait la vie, envahissait la mer, les grands espaces de la liberté ! 

Brutalité, cruauté,  la panse qui pense  si loin  du seuil de l'esprit, sans avoir à marcher, le portable à la main, c'est à celui qui  fera le tour de la ceinture  avec ses prises, qui remplira  la besace, sans souci ni mesure  qui eussent épargné les - saim du ciel et des lointains ... Pauvres petits voyageurs ! 

Ils ne reconnurent point leur  île, leur escale ! L'eau manque. Les prairies demeurent, ardemment  calcinées par les touffeurs d'un été long et torride. Ils errèrent, dans les airs, dans tous les sens,  entre  ramures aux doigts calcinées et maquis ras,   à la recherche d'un bois, d'une halte, d'un souvenir où ils eussent pu enfin relâcher,  honorer chacun des desseins du  pacte naturel insulaire.

Une peine, un chagrin immenses m'envahirent ! Je ne trouvai plus de sens  à vivre le jour, la mer, le vent, l'embrum, les splendeurs d'un vivant que l'on massacre et que l'on assassine sous le couvert de l'état des droits, tandis que se meurent les versants, les forêts, les plaines et les vergers, les saisons.

Ils  les auront attendus, tout le jour, à postes, embusqués, pour les abattre par centaines, jusqu'à la nuit ! Demain recommencera l'éviction  ! Des jours dont le glas des fusils  égreneront  chaque heure, à l'orée de la nuit  et des  solitudes de l'essaim endeuillé. Tristes contingences que  la panse et la cupidité, le paraître ménagent et qui pérennisent pareils cartons sur le respect de la vie pacifique.

Comme je vous plains, tueurs en séries,  vous qui portez les oeillères de l'usage, de l'atavisme, de la tradition  qui  éradiquent une à une les sources  de vies 

- MARIN  - 

Mal - être, Mal aux mondes, mal au monde

Dites-vous bien, tueurs, que ces gestes multipliés à l'infini barrent la route aux futurs des Mondes et aux nouvelles générations

ASSEZ DE SANG ET DE MASSACRES 

 

L_ESCALE__MEUTRIERE_

 Ils étaient promis à la Longue Route ; ils sont passés devant les pelotons d'excécution... La promesse du retour est morte !   

 Lascia campa a Natura 

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