FABIEN__SUITE_

 

La mer, souveraine,  que la Tempête lève et dresse afin de régner à nouveau sur le cours des saisons abîmées. Comme si elle eût souhaité recouvrer un air plus pur et plus froid, transparent,  allant à la semblance des origines immuables de l'océan et du ciel, pour  la Terre...

Vastité  dont la hauteur et les gonflements nous interpellent et nous fascinent à une encablure des côtes, des caps et des pointes exposées, explosées.

Elle eut ce jour rallié les vents, les trombes d'eau, les torrents de montagne, les puissantes vagues dites de submersion, ces scélérates dont on ne peut plus douter de l'existence, fut-il en  Méditerranée, en été comme en hiver.

Les eaux se seraient-elles liguées pour nous dire :  assez ! Que vienne le Pacte et l'Alliance Naturels  liant l'homme aux priorités, aux nécessités, aux commandes  de son admirable environnement !

 

Mais l'eau a collecté  ses millions de déchets, nous les rejetant à nos pieds, pareils à une dernière  semonce,  un acte de révolte.

Je regarde ces plages et ces croissants de sable épais, couverts de végétation littorale vierge. Je les observe, qui  résistent aux assauts des flots, des épais rouleaux de " FABIEN ". Ces dunes qui reculent et se recomposent aussi en toute liberté, évoquant  à l'envi les splendeurs passées d'une Île accusant  aujourd'hui déliquescence  et conquêtes anarchiques, dévastatrices. Ô cupidités ! 

S'il est des lieux encore et toujours intouchés, il en sont d'autres, largement exploités, qui n'auont d'autres issues que la recomposition artificielle et non durable du trait de côte. Cachet, unicité, légitimité manqueront à l'appel des affaires  : la mer dévorera, inéluctablement,  le littoral dressé avec les engins, elle le  contournera comme elle amplifiera  ses puissants courants érosifs.

Mais ici, en ces lieux d'extrêmes solitudes et d'authenticités,  malgré les marées de tempêtes et les sur-cotes, les rivages encaissent les coups de mer et de temps dont ils restent coutumiers. Le Grand Sud décline sous mes yeux ses féeries, une vérité tangible, impavide, une énergie et une capacité de régénérescence doublées de remparts minéraux infranchissables.

Les baies, les golfes,  soudain,  prennent de l'ampleur, se soulèvent ; les brisants s'éloignent sous leurs nuages d'écume, dais  évanescents des vents et des lames. La mer gronde... Une rumeur  de pierres roulées et d'eau tumultueuse vague  et divague sans fin. Cirque euphonique !

Un  Eau-Delà, déjà,  et  tous les échos  du monde  du silence montent à l'assaut d'un  ciel laiteux, lactescent et nous disent : assez ! le combat et la lutte seront inégaux.  Humain, tu n'es  que de passage et nous, éléments, fondements  de la vie, sommes éternels, tels les dieux antiques affublés de leurs noms de constellations, de planètes  et d'étoiles.

J'ai longuement contemplé  la mer, posé mon regard sur ce qui advient désormais avec une force effroyable.

Nous eûmes, nous connûmes les chaleurs torrides, les canicules, les incendies gigantesques, les sécheresses, les  pluies diluviennes, les mers en surchauffe ou les canicules marines ; il est donc logique que les conflits de masses d'air signent  et valident des hivers de plus en plus chaotiques et violents, installant des contextes de blocages durables, exacerbés ! 

La COP25 aura échoué ! Mais les Lois Travail et Retraites  se révèlent, aussitôt expédiées,  servant immédiatement  les dominants, les décideurs  et la finance sur un plateau doré.

Dans quels mondes dévastés, éprouvants, travailleront demain les jeunes générations que l'on saupoudre de maigres aumônes ?

Je pense que la société n'a pas encore  pris conscience des enjeux planétaires et mondiaux. Il n'est pas du tout prudent  de mener pareil train,  à si vive allure, à bonne destination, sans impacter  de façons irréversibles et totales les grands équilibres tutélaires de notre fabuleux vaisseau.

Je vois désormais ces tempêtes que l'on nomme, qui feront date, redoutables,  en  recrudescence, tels des lanceurs d'alerte dont il importe de  tirer tous  les enseignements connexes, à l'instar des nombreuses et diverses catastrophes qui s'abattent de toutes parts à travers les mondes en sursis

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-  MARIN - 

Mal de  Terre  Mal aux Mondes 

 

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