MARIN_REJOINT_FABIEN___SOLO_

 

Images  / " EMMILA "

 

DE L'IVRESSE ONIRIQUE DE  LA MER 

 

 

Comme je marchai vers la mer, sans la voir, me parvint une rumeur, abyssale, absolue. Qui  me convia en pensée  au vertige du Solo intégral, à l'épreuve du coup de temps,   aux mondes de tous les silences. Je ne pus renoncer à ce multiple appel. Tant de souvenirs aux  liens de coeur   rejoignirent la féerie blanche des éléments,  en allée,  cavalcadant parmi les moutons innombrables et denses d'une enfance africaine et résolument marine !

Le Mistral  soufflait en  forte tempête. Il  avait chassé tous les nuages de la Pastorale, lavé les ciels d'une Île en partance et, d'albâtre  voilée, de brumes divinement  poudroyées. En soulevant  une grosse mer,  parcourue  d'écumes  épaisses et laiteuses, les azurs exaltés  tourbillonnaient, grimaient   la côte, les rivages  métamorphosés. Les distances avaient bougé. L'horizon vacillait, fluctuait  tel l'espace - temps sidéral, labyrinthique. Mes repères  simulèrent  aussitôt de probables  lointains. Je doutai un instant ; quelle issue désormais  se profilait, eût comblé la longue attente et ce désir  d'aventure extrême qui me  lancinait, en esprit, jusqu'au bout  de mon être !  Sublime vastité qui  interpela  l'immensité d'un penser solitaire, aux  allures  et aux allants de caps, de tournants décisifs. L'incertitude y coudoyait la liberté, le hasard fécond. L'inconnu s'unissait  avec amour et fidélité à l'étrave de nos  sempiternels brisants ! 

Comme un rendez-vous, un dialogue à venir que le grand Tout instaure,  en guise  de vérité  intangible et  d'absolu. Je franchis le pas et me mis à l'eau, le temps d'un rêve à ciel ouvert ; perpétuelles révélations que la volition emprunte aux desseins pacifiques de la nature en beauté.  Point de chaos, de désordre, de rupture, de césure  mais  l'expression d'une totale complétude. l'harmonie anima comme elle  irradia les heures solaires  d'une journée d'hiver aux violents contrastes, aux lumières crues du solstice, des géminides. Il est en mer de l'intranquillité un printemps paradoxal  qui sommeil et vague et muse à l'envi, selon les humeurs de l'âme, de  la durée. Je ne lui reconnais point de courroux, de colère, de miséricorde, ces oripeaux banals  d'une antienne larmoyante. Je la sais impitoyable et  si belle à la fois sans pour autant renoncer au récit qu'elle initie et mène  sur la Voie,  au témoignage, à l'envol  de toute  évocation vraie

 

EVANESCENCE_

 

Tous les possibles d'une Île

 

Et je le redis,  encore et toujours :  les vagues, en leur nombre transfini,  fleurissent la mer, l'océan. Lieux de noces où les terres et les eaux convolent depuis les origines sans  rien affecter ni détruire. Rien n'aurait failli  ou rompu au pacte d'alliance, d'un perpétuel printemps. Chaque  élément tient sa place, honore un équilibre subtil, parfait, glissant vers la maîtrise des inconnues. La musique s'y invite, fédérant  les  préciosités de faisceaux de vie palingénésiques,  de profonds  camaïeux, le chant des oiseaux et des vents, l'univers minéral fantasque  composant un fabuleux bestiaire, hors du temps. Partition symphonique, parturition de nous  harmonique,  célestielle radiance actant la rareté des écumes et des eaux béryl, aux  myriades de  gemmes  et de pierres précieuses.

Je voguais, effleurais  un manteau écumant. Dès lors plus léger, silencieux, tenant le flot pétillant, la vague et  la bourrasque qui me situent et me fondent. J'allais,  au-delà de la durée, infinité chorale  du vaste Tout. Quête mystique, éblouissante échappée. Que je ne  m'oublie et me soumette  aux  tombants meurtriers  de l'errance insulaire et  littorale, de la folie. La grande solitude, le manque ne laissent jamais  d'en ouvrir les mille  dédales  !  Comme le dis un certain, au demeurant illustre : 

_   "  Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon " !   Que faut-il en déduire, quoi penser, traduire sans manquer  aux  destinées  habitées, aux tragiques réalités d'une telle  assertion, fondamentalement   universelle ? 

Mais revenons à ces pans  de réels, intemporels, qui voyagent et qui remontent le temps des origines prodigues. Un peu plus près de la création,  contemplons l'immensurable, l'immémoriale fresque qui s'offre aux sens, à l'existence. Immanence  ou épiphanie, voici  revenu le temps aux accords de ciels troublants. L'euphonie souveraine  d'un plain-champ d'étoiles, rendons - nous, émerveillables à souhaits.

J'aurai tant  vagué, l'espace d'un instant, d'un jour, d'une année, d'un siècle, une éternité tant  musé ! Ayant été,  qui sait  ? de ces pans  de  pureté,  m'entant  à l'intime fractal de l'onde émeraude,  que  l'embrun pulvéral diluvie.  Antre onirique et matriciel, ivresses marines que ceignent  les  ciels fluides  et éthérés.  Ô Radiances  indéfiniment sublimées 

...

 

POUDROIEMENT_

 

 

- MARIN  -  

Eau-Delà 

Conte de Noël aux Petits Enfants que la privation abîme, endeuille de leurs Grands Parents paternels

 

CELESTIELLES_RADIANCES_

 

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