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Demain,  j'entendrai le poignant appel de la mère à son petit. Toutes les mères  joindront leurs cris, déchirants. Un râle  qui fait mal et  que d'aucuns,  très simples, dénomment le  cri de l'instinct dénué de sensibilité, d'affection, de détresse. La chair de sa chair déjà dépecée saigne dans les assiettes, au nom de la sacro-sainte viande de veau élevée en plein - air,  tendre à souhait

TEXTE AUX DÉPUTÉS 

 

J'ai posé mon regard  dans la quiétude du  pré. De nombreux veaux paissaient déjà. D'autres, très jeunes,  tétaient. L'image et le tableau, ainsi et toujours,  esquissaient le bonheur dans  le pré, à la lisière du printemps. Visage de la candeur, réminiscences de nos contes jadis soporifiques, de ces irréfragables harmonies  où la vie et la nature généreusement  convolent en de merveilleuses  noces spirituelles.

J'ai  longtemps observé  cette fratrie de fortune goûtant aux douceurs du soleil de midi, dans l'insouciance  du devenir, du devoir et de l'odieux sacrifice à accomplir. Et je  les ai plaints et pleurés,  en silence, la gorge nouée,  tellement démuni, impuissant face  aux gigantesques massacres que la planète orchestre avec brio tout  en engageant  dramatiquement la biosphère. 

Mais bien au-delà de ces considérations, depuis cette jeune et lointaine aversion pour les viandes que je nourris depuis tout petit, en la vomissant sur la table, au prix de quelques gifles,  je me suis interrogé sur le sens de ces us et coutumes, des ces habitus barbares qui poussent les humains  à dévorer de la viande, à manger la mort en se délectant.

Fermer les yeux, au nom de la panse, du " ventre qui prend puissance " disait le Grand Jacques Poète, devant ces boucheries gigantesques  qui massacrent et dépècent les bestiaux, dans des circonstances protocolaires atroces, m'est impossible.

Des ovins aux chevaux  rendus à destination, sur les étals, voici le  goût et la saveur exaltés commandant tristement aux  destinées de l'esprit, de la  co-naissance, de la compassion, à toutes les habitudes, tous les atavismes résolument et strictement  alimentaires.

Voilà  que depuis l'âge de 25 ans, je ne consomme  plus de viandes. Je m'en suis détourné sans aucune gêne ni difficulté, préférant et de loin le poisson de nos pêches locales. A ce titre et  au regard  de l'immense entreprise mondiale de prédation des mers et des océans, je ne pêche plus du tout !  Et nous voici en route vers  un choix  résolument végétarien ! 

Un soulagement ! Une récompense. Une nouvelle voie prometteuse et tellement apaisante ... Mais  aussi, une immense tristesse lorsque l'on pense  à cet holocauste mondial  non seulement inutile mais  cruel. De la ferme usine colossale  aux modes de transports  révoltants des animaux en France et dans le monde, quels cris , quelles horribles rumeurs  parcourent, traversent les mondes, les océans, nos rues.

Une profonde reconversion économique et sociétale est possible, plus que souhaitable, vitale !  Les progrès du secteur alimentaire  sont tels que les solutions abondent. Les conditions  actuelles  dégradées  affectent  durement la qualité  des viandes. Il existe maintes possibilités  et  secteurs  propres de diversifications de la filière élevage, dans le strict respect de la vie et de la maîtrise  du cheptel, en milieu naturel réhabilité.

Une  entreprise  gigantesque appelée à grever lourdement  toute transition durable  et apaisée. La société, par définition, évolue, innove, s'adapte, s'enrichit, se détourne  de la tradition et  de l'usage communs quand  ils menacent et s'incrustent. Passons à autre  chose, il en est encore temps

Mal - Être  _ Mal aux Mondes 

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