VOL_AU_DESSUS_D__UNE_ZONE_MORTE_MARINE_

Départ, survol au-desus d'une Zone Morte Marine - Littoral Corse  - Nuages d'algues mortes,  trainées plastiques : la planche ralentit et s'arrête, soudainement, les ailerons encombrés d'un funeste mélange. En chutant,  je tente d'éviter un essaim dense de méduses. Les pêcheurs ont depuis longtemps " taillé la zone " ! le rivage lacustre se meurt et tarit pour la première fois !

La pollution ne connaît aucune frontière. Elle voyage puis s'insinue. Elle dévale, depuis les hauteurs des massifs puis, s'agglutine en plaine,  avant  d'être vomie par tous les types de cours d'eau sales et encombrés, les exutoires d'eaux fluviales urbains  non conformes aux nouvelles normes !

Des pans entiers de nos côtes insulaires valent destinations pour ces infectes charrois de matières plastiques, entre autres sources de pollutions aggravées.

J'aurai connu une baie aux nacres écloses, lumineuse, aux fonds inondés de clartés  essentielles. Les herbiers de posidonies dansaient avec les poissons, au gré  des houles lointaines et de la mer du vent. Une dalle et ses failles réfugiaient le sar et le corb. La daurade pèlerine musait avec l'automne ...

***

 

ZONE_MORTE_MARINE_POLLUTIONS_PLASTIQUES_

 

 

MARINES

 

Je survole les flots de la Grande Bleue, tout autour d'une Île dont on prétendit, un  jour,  un siècle, il y a plus de deux millénaires qu'elle fût la plus belle du monde connu, ( Kallistê ) ! 

Je longe les côtes et les rivages  de ces réserves, de ces parcs dits naturels et je constate avec effroi combien nombre d'entre elles, d'entre eux  sont mortellement touchés, impactés.

Que vous dire d'autre, sinon  mon impuissance à agir ! J'observe et constate au quotidien l'inquiétude et les mobilisations assidues du milieu associatif, de l'initiative individuelle qui oeuvrent et se mobilisent contre l'invasion plastique visible qui affecte nos littoraux. Un grand pas est  fait.

Les occasions  régulières ne manquent pas qui montrent ainsi à nos politiques la démarche à généraliser, qu'il y a urgence et que l'argent public des contribuables, les dotations, les subventions servent également à porter et mener  des stratégies salvatrices envers notre environnement naturel, nos cadres et milieux de vie, péri-urbains, ruraux et touristiques, sauvages et intouchables.

 

Mais revenons à ces zones mortes marines, à la pratique du  terrain, à l'observation, aux relevés visuels efficients, à  ces indices et  données consternants liant l'invisible pollution aux macro-déchets ! 

Relevons la disparition systématique de leurs herbiers de posidonnies et, avec elle, l'éviction de toute vie animale marine. Ces milliers de tonnes d'algues allant et dérivant  au gré des marées de tempête  qui envahissent le domaine maritime à outrance, parce qu'ils  relèvent  de l'au-delà des apports équilibrés d'antan. Algues mêlées aux  déchets plastiques et autres détritus de l'industrie en quantité grandissante forment les nouvelles couches et strates des espaces dunaires, les poubelles des pierriers de nos tombants insulaires.

L'eau de la mer n'est plus que soupe infâme, lits et nappes de méduses, épais manteaux d'algues mortes, ordures, bidons.

Il en est retiré par endroits, lors des opérations de nettoyages associatifs,  plusieurs tonnes par an ! Certes, mais la mer  ramène et transporte tout aux rivages, comme l'expression, le témoignage d'un souverain et légitime  rejet des miasmes  par trop civilisés, très modernes.

L'Etat n'aurait-il pas encore  pris la mesure  de ces funestes réalités environnementales ? Est-il plus performant lorsqu'il agit dans le vaste   domaine des affaires et des stratégies payant à court terme, telles  les opérations douteuses de prorogation visant à autoriser le rejet des boues rouges  de la firme  ALTEO en Provence ? 

Se satisfait-il d'un filtre à raccorder sur les futurs  lave-linges, - déjà exigé il y a de nombreuses années -,  pour pousser à tout va un cocorico jacobin ? Le patronat étant  sur le sujet ménagé, non bousculé, bénéficie à la fois d'un moratoire mais qui plus est d'un bonus écologique en cas  d'opérationnalisation immédiate de la mesure en  marche...

Qu'en est-il de l'emballage plastique de masse  qui sert les dividendes colossaux de la grande distribution et, en amont, des producteurs ; intouchables, n'est - ce pas ? En marche, certainement ? 

Que deviennent nos rivages, notre trait de côtes ? Outre les phénomènes récurrents  de  l'érosion marine aggravée, les pollutions plastiques majeures qui affectent la mer Méditerranée, la mer la plus polluée du Monde, l'Etat, via les communes, les  Préfectures, les services publics n'enclenche rien qui soit réellement visible et efficace, bénéfique pour notre Littoral, la biodiversité, les éco-systèmes. Protéger l'inerte, le paysage ne suffit plus ! Il importe d'aller bien plus loin, de remonter  filières et filiales de la pollution majeure. Créer des emplois verts non pour s'attaquer exclusivement aux  conséquences mais aussi aux multiples causes d'un colossal râté économique.

 

Je naviguais de longues heures en survolant le grand bleu maculé de nappes plastiques, de boulettes de brut, de nuées de méduses, d'algues mortes. Je revins l'été. Muni d'un masque et de palmes, un lendemain de grand frais d'Ouest. Je ne vis et ne rencontrai aucun poisson, dans  toute une baie et ramassai, en nageant, des centaines de sachets et de matières plastiques.

Cette année encore, depuis  les   avions, les hélicoptères,  les drones,  images et cartes postales se vendront très bien, avec en primes les ânes corses. Sempiternel et désolant cliché,  lieux communs par excellence, qui font toujours de l'Ecologie au  sens noble, la dernière matière d'un pitoyable conseil de classe. La nature paie un lourd et létal tribut à la " modernité en marche " 

Les termes de l'échange sont tragiquement  orientés, manipulés, rompent au Pacte Naturel Corse, au Pacte Naturel déficient

!

 

CONSTAT A -MER

 

____________________________________________