COVID_19___AVANT_ET_APRES__

 

 

DE LA PROSE AU RÉEL 

UN AUTRE POSSIBLE

 

 

Comme si une île s'élevait au-dessus de la mer,  quittait les flots qui la portent. Tel  un vaisseau appareillant dans un silence onirique  ! La rumeur, le grondement de la houle et des vagues la distancent, se perdent  dans les lointains éthérés. État second  de la nuit étale. Immensité apaisée des grands espaces  que les vents  désertent sous la Lune,  que la neige recouvre sous l'épais manteau de l'hiver...

Les villes se taisent. La termitière  se terre. Habitats troglodytes  verticaux  que l'erre  des  menées suicidaires   obstinément confine. Un ennemi hors du commun  s'en est  emparés. L'ère ultra-moderne vacille, le progrès  bascule, a changé  de voie. Les masses d'air  saturées ont dégénéré.

Qui prétendrait connaître l'armée des  virus latents, la souche infectieuse et létale qui sommeille. Ils sont imprévisibles. D'aucuns se targuent d'en maîtriser les limites, le spectre, les facultés de se mouvoir et de contaminer,  sous réserves. Gageures ostentatoires et hélas ! patentées que la science partisane valide à défaut d'humilité et de discernement ! 

J'entends dans la chênaie, l'oliveraie, la suberaie et la myrtaie  quelques oiseaux aventureux,  curieux. Le trille et le chant  clairs semblent me poser une question. Inquiets, cauteleux, ils s'égayent de leurs notes et accords  enfin perceptibles  d'un val à l'autre, à la nuit tombée. Auraient-ils recouvré, reconnu  quelques pans de l'authentique et paisible nature d'antan, d'avant l'empire du charbon, du bruit et  du jour perpétuel, artificiel et félon  ? 

Jamais Planète Bleue n'aura connu pareil répit, telle rupture ! Peut-on évoquer un providentiel  repos qui lui serait  hautement salutaire, étrangement prescrit ? Mais à quels prix !  La contre-partie, l'envers du message  s'annoncent, meurtriers. Des dizaines, des centaines de milliers de vies sont confrontés aux aléas du sursis,  empruntent malgré eux  les corridors anonymes de la pandémie, les arcanes d'un mal inconnu qui  se répand et qui dément chaque jour  les donneurs  d'ordres et de leçons ? 

Il n'y a point de hasard. La nécessité de la lutte inégale confine la foultitude au-delà de la liberté fondamentale d'aller et de venir, de la fuite. L'homme et la ville virent au cloaque. Et si les ciels s'éclaircissent, l'avenir  de  " Terre des Hommes " s'assombrit, plus que jamais, refermant une à une ses plus belles fenêtres donnant sur l'azur épuré.  " Vol de Nuit " au-dessus de la multitude hier trop affairée ! 

Aura-t-il fallu que l'infiniment petit se révolte et se hisse aux rangs des plus grands ?  Qu'il  désorganise  et  se rebelle  contre  les desseins morbides de la dominance et des ors éphémères  entraînant sitôt l'arrêt  immédiat des  rouages de l'économie mondiale que  l'In-Humain  active sans freins, impunément,  depuis des siècles ? 

Leçons de choses  et de sagesse.  Les  décideurs aveugles  témoignent d'un manque total de prévoyance, de modestie, d'anticipation. L'éventualité, la forte probabilité de pandémie virale, l'amplitude du mal  n'auront  jamais été  appréhendés et traités à la hauteur des possibles, du tangible, à temps, en amont de toute guerre de nature bactériologique à envisager. La science  marque  toujours un temps de retard. Le passage nécessaire  de la théorie à la pratique l'entrave. Ne devrait - elle pas  s'enrichir d'un surcroît de prévenance, de  bon sens ? Questions de démarches et de chapelles !  Les termes de la lutte en dépendent.

 

L'écho de la montagne et des vallées  n'est que  profonds silences. Les arbres respirent. Le chant du torrent anime la plaine et les combes. Le règne animal réagit. Les animaux pressentent l'inhabituel  répit, se hasardent vers des eaux désormais plus claires, moins bruyantes. Le printemps est bien là, désormais si seul, prompt à inonder de  fleurs le  maquis, coteaux et vallons,  regagne la mer, le monde des  abeilles libéré  du poison chimique...

Il règne comme une impression de retour aux sources, aux choses essentielles que toutes les modernités assaillent et détruisent sur le champ de la possession, de la dévastation, depuis les dernières  décennies, les assauts et les prédations d'une époque impitoyable, d'un autre siècle tragédies !

Qu'il apparaisse  dès lors possible de prendre le pouls  affolé de l'excès, de la surabondance, du gaspillage, de la démesure. Le vrai, à nouveau,  sourd et   renaît  à ce retour vers  soi, aux  plus simples choses. La vie, le village s'éveillent au temps des saisons. Message à l'avenir du futur  que l'on souhaiterait humble, posé, empli de promesses ! Il est tant de choses à réinventer, imaginer, qui nous auront été  également léguées en traversant  ces épisodes tragiques de  virose environnementale et planétaire. Tout est lié, indissociable, indispensable, donc si précieux ! 

Nos sociétés affichent  irrémédiablement une grande part de responsabilités dans tout ce qui advient  brutalement et les dépasse. Qu'elles prennent le pouls de la Terre, de la Mer, des Océans, de l'Air où croissent les forêts, rayonnent les glaciers denses et épais,  où l'air se purifie sans fin.

Que le dessein  humain se fonde  et s'intègre à sa juste place en respectant l'ordre immuable et la création de toutes les choses dont elles sont et participent d'un Tout unifié

Le Silence est au-delà  des ors et des titres, des menées obéissant aux modèles mathématiques qui décident des nouvelles stratégies politiques et financières.

Les responsables doivent rendre des comptes. Il y aura un après COVID-19. Ne pas manquer ce nouveau départ de mesures et de sobriété, de respect de la vie, sous toutes ses formes. Élevons  très haut ce principe et ce préalable  conférant à chaque élément du vivant, de l'organisation des  hommes  un rôle indispensable, mu dans un même dessein d'humanité et de biodiversité retrouvée.

Message 

!

-  MARIN - 

Crises Sanitaires - Épidémie - Pandémie

 

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