PREMIER_ESSAI_ROCHE_NOIRE__2_

 

Naviguer en Windsurf,  s'éloigner en mer à la frontière du visible, disparaître derrière les hautes lames  qui déferlent, dévaler les pentes et les abrupts liquides  de  la mer du vent croisée, chaotique,  sur ce petit esquif,  revient à vivre intensément, en phase directe les éléments ! Adieu Vat, " Adichats " ( A-Dieu ),    dirait Michel SERRES

 

 

WINDSURF FUBOARD ESQUIF VELIVOLE PLANCHE

 

A l'instar du voilier en pleine mer, il nous arrive dès lors  de côtoyer, d'assumer, de traverser  ce que les marins embarqués et " à l'abri "  nomment : " Fortunes de Mer " ! 

Seul, parfois, loin de la côte, ne comptant que si  peu de moyens d'assistance, de survie, de réchappe, de réparation, de soin ( Nuls ), force est de constater que le Solo devient une épreuve avec soi-même,  en milieu inhospitalier et périlleux...  Le dénuement est total  et la sensation : reine !

Et que je ne dise jamais,  contre ces derniers, car qui prétendrait aller contre les éléments, contre l'énergie colossale qu'ils déploient ?  Une petite vague, une crête, un seul mouton qui   verse des tonnes d'eau dans le gréement, brise le mât comme une allumette cède et craque  sous la pression des doigts ...

L'issue reste aléatoire et le verdict soudain, insoupçonné. Voici à titre d'exemple le bilan d'une session où tour à tour, se rompt un bout de harnais forçant à l'échange d'amure dans le gros temps  et, pour finir,  dans les vagues, sur le retour, le  mât de quatre mètres est pris et contraint à plier dans les rochers, jusqu'à la cassure, sous mes yeux. 

La mer ! Cet univers où beautés, charmes, et tragédies cohabitent inexorablement, au-delà  de la miséricorde des poètes, de la prière, des ex-voto de marins pèlerins, des actes propitiatoires qu'une chapelle dérobée  réfugie au tréfond du recueillement et du chagrin...

Les grands espaces forcent l'indifférence ou plus précisément l'inconnaissance  de l'immédiat, du factuel lointain,  soudain, brutal, le caractère impitoyable de leurs assauts  déchaînés. Et  malgré ces paradoxes inhérents à la vie, en toute immanence,  la mer, l'océan engagent,  les yeux fermés, au prix de la passion, de l'abnégation, d'une certaine forme d'innocence ludique, plus que de raison, in - sensée.

S'ouvrent l'extrême, l'absolu, l'univers du don où l'on s'oublie, immodérément, laissant  le hasard et la fatalité  jouer, s'immiscer insidieusement  au plus profond de la liberté, de la plénitude, du souci prégnant de ne jamais démériter, d'honorer la Création et le miracle de la vie bercée. Le prix s'affole pour qui ne tient plus la mise ...

Oui, appareiller, croiser, naviguer, voguer, naufrager, atterrir, valent  pour toutes et tous. A  l'intime de l'être aux mondes, la mer exhorte,  invite  l' âme à  la rejoindre, jusqu'à ce qu'elle rende à la terre, au rivage, qu'elle  que soit l'issue, dans un mutisme effroyable ...

Qu'importe la distance, la latitude, la solitude,  quand le regard se fige face à l'abîme et quitte à toujours le port  et le  bord des Nourritures Terrestres 

!  

- MARIN - 

Journal de Board 

 

FORT COUP DE VENT D'ETE GRAND SUD CORSE SOLO

A TESTA DEMONTEE GRAND SUD CORSE SOLO

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