AUX_INFINIS_

 

" Car enfin qu'est-ce que l'homme dans la nature ?   Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre les extrêmes. " 

Blaise PASCAL 

Les Pensées - ( 230 - 199 )

 

 

J'évoque souvent les abrupts et l'arbitraire de la durée. Cet espace-temps qui nous est mesuré, décompté et  qui donne et ouvre pourtant  sur  tant d'infinis et,   bien au-delà, sans  que je  puisse  jamais circonscrire la limite probable des possibles, en chaque chose. Vertiges  de raison, énigme para-doxale que  l'imaginaire, heureusement,  emporte en silence,  avec moi...
J'habite comme j' anime l'une des  innombrables  et éphémères manifestations naturelles de l'étant. Que je m'y fonde sans démériter ni attenter  au respect de la Vie ! 
Guises de hasard et de  rencontres improbables où la nécessité et la tentation manquent si souvent à l'appel des alliances souveraines. Tangible sursis, aventureuse ipséité que l'on souhaiterait en harmonie  avec les mondes vrais,  empreints de diversité, de déférence, de prodigues  pluralités...
Que la durée  demeure,  encore un peu,  qui aurait été  parfois à ma portée, périssable et vacillant déjà aux semonces comme  aux prémices de l'âge.
Mais haïssable durée que l'improbable destine tel un maigre espoir alors que l'issue du naufrage hèle et interpelle les  horizons hermétiques de la foi.
Voie mutique et convenue, sans autre stèle  ou cairn sur la voie qui s'élève que l'imminence  hagarde du grand saut vers l'inconnu, le mystérieux   passage de la vie à trépas  ! 
Que j'invoque le Temps et m'y inscrive, vision sur-réaliste, en toute chose, en tout lieu.
Au temps qui fluctue à l'orée de l'Un - connu,  sur  Terre, indéfiniment  tutélaire et souverain, d'avant le temps, sachant que le vide et la mer n'existent pas  ...
Passé et avenir, en l'instant, déclinent ici-bas le récit  des  finitudes perègrines,   procèdent de la co-naissance aux faits   que l'histoire des hommes, hélas ! abandonne en l'état et en chemin, sans jamais en  panser les profondes blessures qui se perpétuent, perdurent et,  qui  endureront  à nouveau, à toujours non refermées ! 
L'aventure humaine  tient  du miracle cosmique. Qu'importe la Source !  Inexorablement durable et pour qui ne le saurait  pas,  bien avant que  le  verdict de la Chute ne confine à la fatalité des contraires.
Être - au- temps qui va,  telle l'ente à l'arbre greffé donnerait toujours    ses fruits. 
Convoler au  sempiternel  essaim qui ralentit  et qui  tente de circonscrire les seuils  connus d'une existence vouée à passer,
le cours  du temps fuit, définitivement, inexorablement,  envers et contre tout et tous...
Au gouffre sidéral qui nous emporte ailleurs, vers quelques lointains multivers, mégavers,
au vide stellaire qu'il m'est donné de cerner ou  de rejoindre seul dans mon délire, que  je leur oppose la clarté  et le penser  bâtis à l'aune de la quête,  en esprit, avec amour, sur le chemin de la  grâce  !
Pascal en aurait évoqué autrement  la Providence et le salut, perdus que nous sommes dans  le Cosmos comme il aurait  cerné et suggéré avec mugnificence  les infinis expansés, dépourvus à toujours de circonférence et de centre et où l'homme sait qu'il ne sait plus rien, au moment de comparaître...
A cette durée qui échappe et qui absente, que je me rappelle  au message  ubiquiste d'un  éternel et perpétuel dessein.
Au temps des choses pérennelles  dont je suis  et qui se fondent, dès lors,   indéfiniment perpétuées et auxquelles  je  souscris les yeux fermés,  pacifiquement, comme au chant de l'harmonie.
Au nom de l'alliance au Tout, allant par-delà  l'oubli faisant le vide,  tout en-durant, qu'il me soit offert,  un tant soit peu, de participer, de procéder de l'éternité
... 
-  MARIN - 
Poème de l'Intranquillité  
(  1 ère Ecriture  le 08 Septembre 2020  ) 

VAGUE__MENTHAWAI_

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