GROS_TEMPS____CORSE__HIVER_

 

 " UNE ÂME  A LA MER  "      ***

Qu'elle te soit vaste parchemin où confier,  verser, solitaire, une infime  larme à la complainte  de la mer.  Un vague chapelet égrenant pour toi  le voyage et la transe - lucide  aurour  des îles  et des archipels lointains ...

Tu vogues et  sillonnes quelque  espace - temps qui  tend  et fluctue vers l'infini de l'énigme. A tes sillages arcs-en-ciels, le Puffin cendré joue et se lie, voltige et tournoie, frôle  crêtes écumeuses  et  fol écheveau  sans battre de l'aile ; brins de vérité que la liberté  emporte dans le poudroiement   des  vents d'hiver et  qu'une  chanson de l'avent  délivre  par  le choeur du  message partagé, de l'amour indéfectible...

Elle est  ce labyrinthe qui lentement étreint et  mène sur la voie de la délivrance. Tu y apprends encore et toujours  à procéder  du  balancement houleux  de la  marée profonde et lumineuse du coup de vent, au gré des lunaisons.

Tu la crains comme  tu l'aimes, immodérément. D'aucuns ignorent la déraison sensée  qui t'habite et t'emmène par ces rudes arpents de solitude, lorsque  l'essence  se  substitue et pourvoie enfin   aux pesanteurs des habitudes et du confort délibérément ancrés !

A cet univers  de rigueur régénérant, à ces horizons à la fois jeunes et immémoriaux qui forcent l'abandon, l'abnégation et le don,  tu vas, sans jamais fuir, éperduement marin,  en  quête de l'inaccessible étoile, du dernier recueil.

Eployez ensemble vos ailes au  vent.  Allez à la beauté  farouche qui se couche aux pieds de la plus belle  des montagnes dans la mer et de laquelle  tu reviens, sans fin, lavé, guéri,  lointainement ex-purgé. Comprenne qui  pourra !

A ce bercement d'astres que recueille le silence de l'amer,  donnes-toi,  sans autre accord qui vaille la bordée  thérapeutique d'une  seule et unique échappée.

Que les mots, ici, revêtent le sens et la profondeur de la relation  saine à l'Azur. Ils ne sauraient côtoyer  les rives de l'artifice,  vaguer sous les feux de la rampe, en haut de l'affiche éphémère ...

Dans le dénuement  extrême de la mer et du ciel, en cette ligne de partages qu'ils s'accordent  l'un  l'autre, sois, de passage, être fragile, part tangible de vie en ce petit univers remarquable que l'indifférence feint d'ignorer.  Deux encâblures seulement  vous distancent, qui suffisent aux  abîmes  sans nom.

Alors, n'écris pas pour moi mais pour le conte de la " Légende Personnelle ", afin que chaque vague et chaque rivage  s'impreignent à jamais  de ces  maux qui te poussent à distancer les mondes avilis

 

*** Que je reprenne en titre l'expression éponyme  de l'ouvrage de Virginie Herriot 

 

- MARIN - 

Eperduement Marin 

1 ère Ecriture le 12 Octobre 2020

 

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