LA_SABLIERE_GABON_

 

Magnifique photo signée 

 Serge EBEZA

Gabon - Estuaire du KANGO 

 

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Tant de souvenirs,  nombreuses échappées vers le Cap Esterias,  par la côte ou en pirogue, à la rame et  avec le concourt des marées,  en longeant la Sablière et sa luxuriante  végétation. Une canopée  qui poussait   loin au-dessus des sables pulvérulents  son dais de  verdure et ses cris d'animaux sauvages.

On dit que les redoutables  serpents Mambas se laissaient  tomber de ces manteaux de feuillages denses.  La déclivité du cordon littoral était telle, les jours de grandes marées, que le puissant ressac imposait aux pêcheurs au lancer de très hautes cannes en bambous et des plombs à grapins qui tenaient par les fonds brassés.

Les lieux étaient si poissonneux. A la cuiller, les Carangues abondaient. A la saison des bonites et des maqueraux,  nous revenions la ceinture garnie de poissons éminemment frais et odorants. D'aucuns le grillaient à même les sables et  le dégustaient  saupoudrés de Pili-Pili, le piment  fort et tant prisé du pays !

Réminiscences, souvenirs d'enfance dont la sapidité l'emporte comme une Madeleine  parmi maintes féeries  croisées en chemin.  La mer se mélangeait à l'estuaire ; elle  affectait le plus souvent  ces teintes  boueuses et limoneuses. Mais à la grande saison sèche, les flots, privés de pluies, s'éclaircissaient et  nous livraient  de chatoyantes lumières ultramarines. Le Gabon  s'illuminait du bleu intense des ciels équatoriaux. Le temps suspendait son vol et les rivages gardaient  ces préciosités que l'on eût accordées  aux Îles sous le Vent. 

Rien n'aurait-il changé depuis ces longues décennies ? J'aurai  nommé un petit  domaine littoral de mon Île de Corse  de la sorte :  " La Sablière " !

La large dune s'étend sur plusieurs milles nautiques, du Sud vers le Nord, bordée de maquis et de végétation spécifique de nos rivages lacustres, des  zones humides tant  protégées de nos jours.

Parfums d'Afrique Equatoriale   et de grands espaces lorsque les rouleaux des vagues creusent profondément l'horizon.

  Notre pirogue en bois d'Okoumé glissait sur les flots, prenait  sans fin le cours majestueux des houles de l'Atlantique Sud.  Nous regardions fascinés, avec une certaine crainte, défiler ce trait de côtes infinies et sauvages, peuplées d'animaux qui l'étaient tout autant. Il vivaient intensément leur domaine, leur univers, une histoire, une légende.

Rien n'eût manqué à l'appel d'une brève escale. Le chant des oiseaux, les cris des singes voltigeurs, le barissement nocturne des éléphants. Et lors que  nous décidions de relâcher la  nuit, le temps  d'une pêche depuis le sable,  il nous arrivait de cotoyer la ponte des tortues marines honorant l'immémorial pacte naturel que les hommes d'aujourd'hui bafouent, ensanglantent, boulversent et détruisent 

- MARIN  - 

Souvenirs d'Enfance 

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