ELEVATION__

Passer cette  barre où les vagues abondent,  franchir ce seuil, à la merci d'une saute de vent, de la chute et des courants  pour enfin  rejoindre les ailes du vent 

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LA_PASSE___TESTARELLA___SW___CORSE_

ANABASIS *
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 *  Terme de musique des anciens Grecs indiquant une mélodie ascendante, appelée aussi Euthia et Lepsis.
Anabasis, c'est la « montée » vers l'intérieur en venant de la mer

_LOTS_OISEAUX_MARIN___LUMINANCE_

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Teintes et moires iroises, nuances dans les tons, palettes  et aquarelles impressionnistes de la mer en camaïeux, en cheveux d'embruns ! Comme un éternel printemps, 
je la vois qui bourgeonne et fleurit sans limite en  sertissant  terres et cimes enneigées. 
La nuit, le jour, sous les grains sombres et Séléné pleine, enclosant toute clarté  d'après ses ombres,
éclairant  la nuit obscure  depuis  la   nuée dolente  des brisants. Que de faisceaux radiants, les abysses  composent,  indéfiniment.
En ces tout premiers élans  de l'année  2021, contrastes et lumières  interpellent ! Mais le soleil fugace ne suffit guère à tempérer un froid vif, cinglant. Le vent fort en redouble le ressenti, aux pieds des montagnes. La pluie s'est installée et ne nous quitte plus dans les vallées ; une situation  qui préoccupe, on dira un excès, un extrême climatique
 

LA_CHUTE_ET_LA_SANCTION___TESTARELLA_

Une chute qui  me vaut un défilé - rocailles  locales -  en bonne et due forme ; relève-toi et, Marche
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Les vagues déferlent, innombrables, décalées, hâlant le Sud  du vaste domaine insulaire qui se serait comme  esseulé. Une barre  qu'il  faut passer tout en dérivant fortement vers les  seuils  rocheux ;   je les redoute,  parsemés, hérissés  de secs et de blocs.
Courant, reforme de vagues brutales et soudaines happent et projettent quelques  bois flottés. Un  tronc sur la grève subit un lancinant ressac ; obsession vague.
 
Malmené je suis et me révèle,  sans ressource,  surchargé d'ans, à bouts de maux  silencieux !
Aucun cadeau de bienvenue à  attendre ;  ainsi du lot dont le tarif ne change  jamais.
Marin, revois  donc les conditions d'un partage exigeant, incessant ; que ne  démérites - tu pas assez  depuis que le miasme génétiquement modifié  aura  infecté  ton foyer,  au dernier printemps ! 
Sitôt à l'eau, le fort coup de vent s'établit. Les éclaircies  défilent  au diapason de l'ombre portée des nuages, marquant, solidaires, le tempo d'un ballet total, sans concession, absolu.  Relève-toi ! 
Je navigue  sur des  eaux   criblées de cratères fumants. La petite planche courbe ricoche, tosse durement. Il m'est impossible de garder  une vitesse constante, un cap qui atténue les à coups ; l'effet des fortes rafales fouette et malmène   le gréement. Les secousses répétées, intenses, rabaissent  l'espar  qui me sert de bôme ; le  déséquilibre devient  intenable  : il me faut rentrer, y remédier sur le sable et affronter à nouveau l'impasse minérale.
J'aborde de façons très aléatoires, incertain, rampes et tremplins  mouvants, croisés ; sauts hasardeux, risques de mauvaises chutes, incontrôlées : lève le pied ! Ton  manque de préparation est évident.
Alors, reviens  à la raison. Quelle éprouvante  mesure s'infliger  au royaume des libertés sans code et de la gestuelle déliée
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VASQUES_FUMANTES_

 

Naviguer, c'est déjà  ça 

!

LUMIERES__FROIDES_

 

!

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Le vent fort reste une école de rigueur et de vérité. Il convient tout d'abord de naviguer sans commettre de " fautes " ; la phase préparatoire  à terre décide du dénouement de l'échappée ! Après, aviser et, tenter. L'humilité en est la  règle première. Et lorsque le virement de bord s'exécute  sans  ralentir ni tomber,  survient alors  une maigre mais précieuse consolation, cet ersatz de la satisfaction des humbles.
Rejoindre le  bord sans avoir brisé   ni perdu un élément de son  esquif  dans les cailloux, ne pas s'être blessé, certes, n'est-ce pas  essentiel ?
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Les pieds ayant subi l'acupuncture  sans ménagement des oursins, de la dernière oursinade incivique, ( coques brisées rejetées à l'eau ),   m'imposent une toute autre démarche. Le froid, les sabots gourds  qui me  tiennent debout donnent à l'individu  qui claudique sur la dune   des allures d'Albatros moqué, rallié, jadis, sur le tillac des vaisseaux cap-horniers  !
Le temps fuse. En pareils contextes, la moindre semonce compte, grève un présent de luttes et de constances sursitaires... Douter, se lever, tenir debout, reculer l'échéance tout  en osant réveiller  quelques rares pans  animés de jeunesse ? y aurait -il quelque espoir de regain, d'harmonie recouvrée entre le corps et l'esprit, ne serait-ce que pour rallier les horizons de l'âme qui perdure, demeure et flotte, sans abri, quelque part, nulle part ailleurs où aller, depuis toujours, en croisant  déjà  demain ...
La mer  prend, accepte, rend au rivage, quoiqu'il advienne. Tu le sais, pourtant, aller en mer suppose que tu aies pris connaissance du  pacte scellé, celé.
Le ciel et la mer tissent  la chaîne et la trame des jours, avec ou sans écume, oeuvrent pour le temps qui s'étire. Dimension littéralement insensée que l'océan labyrinthique d'une  Âme à la Mer ... 
Et s'ils s'égarent, se perdent, s'affolent, bouleversent les grands équilibres qui  leur échappent, inexorablement, depuis  que l'homme est ciron et dieu, dont la foi dichotomique et meurtrière  poursuit  déconstruit et repousse  à toujours, ici-bas,  le jour d'après.
- MARIN - 
Récits et Ouvrages marins 
1 ère Ecriture de l'an 2021 
03 Janvier 2021
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DEVANT_LA_PASSE___LA_BARRE_

Pierre & Cristian aux mêmes endroits, sous une lumière  fuyante que  la mer retient par le fond

LA_MER_ENGENDRE_SA_LUMIERE_

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