LE_BOUT_DE_LA_ROUTE__CRIS_

 

On y apprend à voler ou le rêve et la morale d' Icare 

 

Les mots, les pensées  planent  par - de là  les mers, les océans. Ils   auront, comme les accords  la mélodie, toujours soutenu  la métaphore, suscité l'allégorie, accompagné l'envol des sentiments, le voyage des émotions ! Quel poète en aurait  ignoré les horizons, les lointains bleus,  et, pour causes ...

Qu'il en fût à toujours ainsi

De " l'éternité ", de la " mer en allée ", de la grande traversée, du passage ici-bas, de la migration,  des vagues infinies et innombrables, du seigneur des  hautes latitudes, " l'Albatros ",  raillié par les marins lorsqu'il claudiquait en marchant  sur le tillac des  vaisseaux Cap- horniers et des Clippers,  de la " mer toujours recommencée ", des légendes et de  l'Odyssée qui voguent depuis la plus haute antiquité, de l'océan dantesque dont vagues scélérates et maelström terrorisent les navigateurs, de ces vaisseaux fantômes  qui hanteraient encore  tant de  contrées de désolations et de naufrages à jamais   inexpliqués, des Travailleurs de la Mer, des plus grands circumnavigateurs en quête de sens et de rencontres, de la vie des maîtres de phares reclus vers " l'enfer  des enfers " pétrés, des finistères, de  Ar-Men et du phare de La  Vieille  livré aux ouragans et aux lames de la mer d'Iroise, de " l'esprit de l'eau "  tant clamée au fil des odes... Eau de vie lustrale et prodigue ... 

La mer, l'océan, l'univers des monstres marins, les tempêtes,   sidèrent et fascinent  les hommes ! Les temps ont changé. Mais ils ont humblement appris des grands espaces. Les poètes se  sont  comme tus. L'ère moderne est aux jeux, vire aux défis insensés il y a quelques décennies, aux symboles, à la liberté d'expression  gestuelle et sans limite que l'aventure suscite à travers les pratiques de  l'extrême. 

Il fut un temps, au bénéfice du jeune âge,  j'aurai souqué des aussières, des écoutes, brassé de la lourde toile, barré des nuits durant  ! Mais aujoud'hui, malgré  les ans, les ahans, les semonces,  je tire trop fort  sur la garcette de ris. Le lien de la vie s'amenuise chaque jour ; mes sorties en mer virent à l'épreuve ; le voilier ne tient plus la lame, accuse le flot, rompt à la fluidité. Nous nous  sommes   pourtant affranchis de la pesanteur, de la gravité, des froidures de l'hiver...

Pourrais-je compter sur quelques indicateurs  pertinents qui me rameneraient  à la raison raisonnante, sans excès ni appréhension, en douceur ? Comment ainsi et alors se déprendre des terribles rets de l'assuétude, des mailles de la passion dévorante que les étendues  hèlent et halent selon les vents, les vagues, les marées, les appels du large, le galbe des vagues où un instant fulgurant se lover  ? 

Puis-je encore  tracer une voie là où il  n'y  en aurait point, par définition, sans horizon tracé, lorsque tout renaît et advient sous un  autre jour  au royaume du  silence et de la grande solitude ?

Y trouverais-je ces tombants de l'âme qui déjà appareille et  navigue " Eau-Delà ", tel un prélude aux éternelles  " nocturnes ", au  plain-chant d'étoiles ?

La mer, une île, un phare, un amer dans la tempête, un océan dans un regard. Migration prémonitoire de l'âme  pour qui la garde, la destine à  son choeur, en pensée.

Une seule goutte d'eau,  unique poussière, embrun dans le vent  me parlent vaguement de la vie et de la mort, comme le Livre, le Cercle des Renaissances

Allégeance au " grand bleu " ,  " bateau ivre ", " voile libre ", " l'ivre des vagues ", évoque, relate, témoigne en chemin, sur la " longue route ", jusqu'au terme de la " légende personnelle " .

Que  la mer demeure sans leurre ;   l' heur imperturbable  d'une destinée,  le vaste poème d'une vie  en quête d'éternité

" Car je t'aime, ô éternité  " ( Friedrich NIETZSCHE)

 

 

-  MARIN - 

La Mer

1 ère Ecriture le 16 Mars 2021 

 

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