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EN ABSEN - CIELS

Report Wind-Surf   Confident - Ciel vers " URIENTI " / Dimanche 04 Avril 2021 

 

J'écris la mer à bord des vagues, emporté par les vents, depuis les quatre saisons. Je navigue  à vue mais au loin, point la délivrance, le point de rencontre tangent, radiant, fulgurant...

Un Solo en pleine nature, en mer,  ne confine jamais à la quiète navigation, fût-elle féerique

Marin

 

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Bâbord  - Tribord  / Front et Backside  

 

DE  PASSAGE 

10h45 / 14h45 

 

Une  journée que le  Grecale et le Levante réinventent tour à tour comme un printemps. Une échappée matinale parmi les oiseaux de mer, ( En essaims  / Puffins Cendrés  - Cormorans - Goélands -  Sternes Naines ).

Voici l'extrait  d'un journal de bord pensé sur les flots,  à bord d'un Solo que j'attendais et qui revient après une longue absence dans les parages.

Retisser les liens, la trame  que  solitude et foi auront  quelque peu délaissés ! 

Transcrire du bout des doigts ce que l'âme aura, bordées après bordées, recueilli au fil de l'eau, au gré des des ondes translucides.  Puisse la mémoire choyer ces  yeux qui lisent à travers le filigrane des souvenirs, à l'écoute du  vent,  en oyant tonner  et  gronder  le ciel des marins.

 

Mais que je vous dise, en guise  de  préambule,  le sens du titre et de ce report de faits  ainsi  nommés. J'invoque  l'usage pompeux de ces termes galvaudés à l'envi  qui placent et qui situent le rouage à l'intime des microcosmes infectés, tendancieux.

J'en fis les frais des décennies durant. Qu'il me soit donc loisible de rallier la dérive sémantique Rimbaldienne  en inventant, depuis les ciels, d'autres  autres horizons, sans le code barre.

Que j'en fasse non usage mais  qu'ils relatent  et  cernent ces moments de vies denses, immenses et vrais, tendant vers  l'eurythmie des mondes perdus

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Amorce Flip Gybe vers " URIENTI "

 

JOURNAL

 

Un vent de secteur Nord-Est suit  fidèlement  la course et la déclinaison  du soleil en mollissant  peu à peu. Etabli dès l'aube, il souffle en grand frais. Matinée radieuse, lumineuse sur  fonds de montagnes chamarrées de longues coulées de neige. Je contemple le dédale du Parc Marin International des Bouches de Bunifazziu.

Vers l'Est et le septentrion, deux  parties d'un  récif se détachent nettement l'une de l'autre. J'en observe les abords depuis les  balcons et les versants  fleuris qui bordent  la mer Tyrrénienne.  Genêts, calicotomes, cistes  blancs à feuille de sauge parcourent, inondent le  maquis littoral. 

Un enfant, familier des lieux,  aurait sans  doute  remarqué et conclu  que l'atoll et son récif, d'ordinaire et par temps calme si proches, auraient été déplacés, transportés plus loin en mer. Une  mer  poussée par le vent  qui élonge le long trait de côte, les îles du parc marin,  halant le dernier cap avant le Tournant,   situé dans le Nord-Est immédiat d'un sublime domaine maritime.

Intensément bleue, un bleu thyrrénien, ultramarin, la mer parsemée de moutons  flue vers les  Bouches de Bunifazziu, le Détroit éponyme. Les vents suivent, happés par un relief montueux et de hautes falaises calcaires  qui les guident et qui en  attisent la mouvance, le souffle pur, odorant, soutenu.

Si  les prévisions météorologiques du jour s'avèrent  excessives, elles ont le mérite  d'être justes quant à la chronologie, en force  comme en direction. Ies relevés y sont  plus élevés relativement  aux  vents  moyens et aux  rafales ; compter environ 25 % de marge  en haut de plage.

Les vagues vont au diapason du  Grecale puis du Levante, atteignent une taille honorable. Faible période, certes, mais une fréquence soutenue, un large front où glisser, évoluer sous les deux amures, planer à satiété. Manteaux d'écumes, rouleaux, pics d'eau subreptices, moires et camaïeux toujours sublimes, glacis, " URIENTI " ne démérite jamais. " Ivresse Marine " en ces lieux de complétude et de ravissement.

Je navigue entre 15 et 20 noeuds. A l'entour  du récif, il m'est  difficile de maintenir cette vitesse. Flots croisés,  mer du vent hachée allant contre le courant Sud  - Nord  présent et observé  communément sur zone, perturbent la glisse.

J'interromps   souvent ma navigation pour  vérifier, enclencher, repositionner ma caméra embarquée. Je  vais ainsi,  lentement et sûrement  développer une sévère  nausée ! Un comble ; elle l'emporte sur mes allants. Je renonce après  trois heures  d'immersion, " en présen - ciel "   ... Aléas auxquels il  faut s'attendre en mer, quelque  soit le support. Sensation très désagréable de faillir à la vigilance et à la prudence que le Solo  commande.

Je vais trouver mon bonheur en côtoyant  le  vol des Puffins Cendrés levant  autour de moi de splendides sternes naines  juchées au plus creux des vasques azurées  qui ondoient et rejoignent  les dévalements de la roche safranée. Elles s'envolent, m'escortent, dérivent en économisant de précieux  battements d'ailes puis, essaiment au vent, sous le vent, comme pour  saluer l'hôte coutumier  des innombrables moutons.

 

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PAT  - DAVID - DIDIER

Parc Marin International des Bouches de Bunifazziu 

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Une destination riche en évocations que je ne saurai  manquer. Une échappée féconde en pensées, aux lendemains certainement habités. En effet, je découvre pour la première fois et  depuis 13 années de navigation sur site, les premières ailes multicolores, des Wingueurs de passage filant  sous le vent, portés par l'ondulation du silence. Ils ont doublé  le Cap des pierres  rouges  et filé, droit dans le soleil, au portant, vers le récif et l'atoll. Longue distance pour un trio soudé.

Nous croisons  nos sillages. Trois ailes palpitent et se détachent  sur  la blancheur aveuglante de la barre qui embrasse les hauts-fonds.

Il m'arrive de chuter  lors de manoeuvres  plus radicales. Les vagues emportent mon esquif à plusieurs dizaines de mètres ! Elles ne sont pourtant pas hautes. En nageant dans un épais  tapis d'écume pétillante, j'effleure des bouquets d'algues, l'herbier dont les longues filandres sous-marines  remontent vers la surface. Nous sommes  à près d'un  kilomètre de la côte ! 

Et je vole au-dessus d'un plateau rocheux. Libéré de toute appréhension ;  heurter un sec, un rocher. Je m'applique  à souligner le dessin des vagues. Est-ce là le fruit  de ces nombreux solos réalisés  en des lieux  uniques et si exigeants

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Aerial Back Windsurf +Off The Lip Backsurf " URIENTI

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Old Wave Attitude vers  " URIENTI

Vires  oniriques ! Le sentiment océanique prendrait-il  sa source en pareils lieux. Prélude au grand large, harmonique que le grand bleu assonance, rappel des hautes latitudes  et de l'hiver que la Bora profonde accompagne et convoie depuis les Balkans.

Les jours de gros temps, le site aventure prend de l'ampleur, expose, engage sans  aucun compromis possible. Les séries de vagues dépassent allègrement le mât. Selon l'orientation  du vent, les possibles " Combo ",  la chevauchée hyppogriffe coiffée   de hauts   cimiers d'écume cavalcade !  Les vagues feignent alors les nuages. Nous y reviendrons !  

Demain me portera  à l'intime  des conditions de navigation rencontrées vers   " URIENTI "  - ( Stremu Pumonti - Extrême - Sud de l'Île de Corse ) ... La Corse  révèle une variété insoupçonnée de site - aventures - extrêmes  qui rivalisent de beauté et de grande qualité

- MARIN - 

Journal de Bord 

" URIENTI  " 

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Switch Bottom  et petit Line Up de la mer du vent  " URIENTI

 

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