PRESENCE_

 

 

Roger CAILLOIS 

" Pierres  " / Extrait

" La mer, l’inlassable goutte d’eau, le vent, qui peuvent attendre, qui
ne sont pas comme l’homme contraints de se hâter, assurent aux corps
qu’ils caressent et qu’ils usent, le profil le plus pur, le plus pauvre aussi, mais
le seul véritablement nécessaire. Dans ce long acquiescement, dans cette
ultime misère, se dissimule assurément une des formes concevables de la perfection..."

 

***

 

 

Présence au monde. Objet, penser  philosophal devant lequel l'homme des paillers se serait certainement longuement interrogé.

L'éphémère et l'éternel ici se cotoient et ne devraient s'exclure l'un l'autre... Puissent-ils participer d'un tout  que l'arbre rappelle  comme il  commande au sens, à la voie multiple  de l'évolution !

Tels un pacte, une allégeance à l'état de nature intouché qu'il nous faut révéler, raviver,  nûment, unitivement, au plus près de la solennité  des choses, de l'essence claire des métamorphoses.

De l'inerte au vivant, il  n'y a qu'un pas que l'unique dessein et  le numineux confient aux termes de l'alliance. L'homme en est le dépositaire, le légataire universel. Il  lui faut apprendre les conditions, les modalités  de l'échange et du partage sains.

De l'un, concept synthétique élaboré, découle inexorablement  le cheminement hasardeux de la matière dévoyée  qui pollue, qui détruit insidieusement. Les profits  parlent et imposent. 

Au bois mort et flotté,  juché sur le sable, voici la longue dérive des millénaires, de tout ce fut  et sera à toujours du domaine du merveilleux et de l'acquis,   si l'homme en prend  grandement soin.

Les sanctuaires, les réserves, parcs et immenses zoos, musées ne suffiront guère. La contamination se répand, insidieusement. La pleine nature ne s'archive pas dans les muséum où la vie la quitte à toujours.

Soyons de passage, modeste messager ou passeur, sans vérités tracées, veillons sur le patrimoine inestimable de la descendance, notre  commun et providentiel viatique.

Quittons ce monde en paix pour l'avoir  aimé et respecté ! Des mots, des mots,  s'exclame le quand dira - t - on et le commun  ! Certes, mais l'intention voit plus loin que l'horizon, comme les utopies du moment, conjuguées au présent apaiseraient  et  panseraient les maux des mondes à l'agonie.

Renversons le désordre établi qui s'impatronise et asservit  le vivant sur Terre et sur Mer, quoi qu'il en coûte. L'Etant et les grands équilibres des territoires   jadis sereins et prospères conditionnent l'avenir du futur, enténèbrent le Matin des Magiciens 

!

- MARIN - 

Nature - Propos actuels

PRESENCE_II_