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A DECOUVRIR  L'ALBUM PHOTO   SUR L'ESPACE  FACE  BOOK / CORSICA ...GO56  ET LE LIEN   CI-DESSOUS 

 

LE LIEN  20 PHOTOS  CORSE  TEMPETE 

 

 

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TRES GROS TEMPS EN MER   

L'HIVER ET SES SOLOS 

 

La Grande Bleue s'assombrit, se couvre  d'ecchymoses. Brutale et soudaine, creuse et  croisée, ses houles  voyagent, écument, brisent au large. Des  vents hurlants, pareils  à ceux  qui  hantent les 50 èmes  degrés de Latitude Sud?  participent de l'intumescence informe du détroit, des Bouches de  Bonifacio redoutées.

Le vol des Puffins Cendrés simulent l'immensurable  migration des Albatross ;  impassibles, merveilleux cousins -  navigateurs.

Le temps passe et ne compte plus. J'embarque et survole chaque instant. La mer me  prend. Elle me rend  ou me garde ;  il ne m'appartient  plus d'en décider. Puis-je évoluer selon ses attentes et  m'y  fondre, dans le balancement enivrant de ses vasques  

***

 

  A cette  Île qui se trouve à la croisée des vents de  Sud et de Nord. A ce vaisseau  balayée de plein fouet, d'Ouest en Est par le puissant Ponant, lorsque le  Libecci  rejoint parfois en pleine mer  le Mistral de Provence et la Tramontane Occitane. l'Île de Corse, point de ralliance et d'ultime  recontre !

A la côte, que de dômes liquides ! Mouvance abrupte qui    tutoie les tombants acérés, culminent et tonnent en chutant, grondent en roulant ...! La mer  flue, semble dévaler une profonde vallée, fuir, éperdue, les folles  bourrasques blanches. Démesure grandiose, infinité  consciente de l'être au temps, à l'émotion, à  l'espace ! 

Je vais  en ces jours de violentes tempêtes comme médusé, happé, sidéré, par les champs révulsés de l'azur, vers l'improbable, l'illimité des  houles  et des horizons changeants. Les grosses vagues déferlent en mer, subreptices, imprévisibles ! Les ondes  massives  rivalisent avec de hauts brisants ;  linéaments acérés sur fonds de ciel laiteux, signes de vents violents.

Des lames   qui   recouvrent et submergent  très certainement  le sentier de promenades  littorales  qui longe un trait de côtes sauvage,  souverain, intouché. Les eaux tumultueuses   se ruent ; pulvérulence du fluide  originel  et  poudroiement hiémal  hissent très haut  les grandes voiles  de l'azur tutélaire ! 

La marée de tempête jette, -  selon  la configuration des  anses et  des criques  enchâssées  - ,   des troncs  de bois  flottés et  les dépose profondément dans le maquis ou sur de gros pierriers mis  à nus. Une frange  large et continue de roches dénudées et polies, abrasées, érodées  par l'eau et les vents tourbillonant sans fin, délimite un domaine interdit, que l'on regarde à distance, effrayant.

Rumeur  rauque, râle  du puissant  ressac devant lequel  rien  ne saurait résister,  survivre, obsédant, lancinant la conscience, la sagesse, la prudence. Une végétation rase et calcinée  trace une ligne de démarquation  aléatoire, irrégulière. De maigres repousses se sont adaptées  à  l'air  salin, iodé, aux morsures  du soleil et des  longs étés secs.

La rencontre de la  terre et de l'eau ne laisse  ici aucun  doute quant au partage et à la fusion que les éléments en font depuis les temps immémoriaux. Aucune trace de vie apparente. Quelques  chèvres  transhument  parfois hors saison, regagnent les hauteurs,  les pitons rocheux où se nichent de petites dépressions herbeuses abritées des vents. La quiètude  jouxte le tumulte  et la tempête...

Dans le Sud, l'Île de Sardaigne se  dresse, festonnée  d'écume. Île soeur, toute proche et  son finistère, sis vers le  Sud - Ouest, la presqu'île Asinara que l'hiver dévoile parfois  au gré de la traîne  envoûtante de longues virga neigeuses, des grains pluvieux qui s'abattent, épais, denses, sombres, avant que de s'engouffrer  dans le vaste Détroit des Bouches de Bonifacio...

Le coucher  du soleil  embrase ces traînées et ces rideaux cristallisés, semble y mettre le feu. Le disque  incarnat, d'une rotondité parfaite,  dépourvu de  rayon, admirable à  souhait, immense et solennel,   chute dans les flots de la Grande Bleue. Vers le Septentrion, l'horizon viride, froid et clarteux du solstice  d'hiver retient le jour !

La Nature est souveraine, magnificente, et, toujours cette solitude, ce sentiment  d'abandon et de tristesse  que l'extrême Sud de l'Île   amplifie au diapason d'une partition solitaire, extrême. Quoi dire,  à qui parler, se  confier lorsque  depuis  la grosse mer  surgit la côte déserte, étrangement minérale, menaçante, submersive ? 

De passage, en sursis,  si fragile et livré au hasard, à l'imprévu, que ramener de ces échappées marines  si  ce n'est l'inextinguible  tribut de la déréliction que les maux griment  sous l'égide de l'absence, du manque à se parler, de  l'impossible partage des horizons bleus cernés de deuils,  le regard cave de l'inexorable destinée rivé  au seuil  de  l'oubli, du silence du grand bleu.

La beauté à l'impitoyable violence des éléments s'ente et envoûte. L'harmonie au chaos se lie en donnant la mort. L'on ne voit rien qui eût  providentiellement épargné,  sauvé l'être  aux mondes  sur le fil ténu de la vie en cas d'avarie, de fortune de mer, d'une vaine  et inopportune témérité ... Et pourtant, quels attraits, quelle fascination, quel dialogue alors s'instaure en soi, ailleurs, en Tout,  allant au-delà des choses  que l'on  découvre et reconnaît depuis toujours, à jamais 

Adieu-Vat 

 

- MARIN - 

 

Prose Marine 

Poème de l'Intranquillité 

1 ère Ecriture  le  30 Juillet 2021  - Images  / " Emmila " _ Décennie 2010 / 2020

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