VERS_LA__CINQUIEME_SAISON_CORSE_

 Vers la Terre du Commun éclatée, éventrée, dilacérée, les  fumées des incendies oeuvrent à l'émergence inéluctable de la " Cinquième Saison " ! Le Torrent  tari depuis les Hauts Pins signe la mort naturelle  d'une vallée. Un ciel  de particules annonce l'Airpocalypse  des dômes... De la terre et des chemins jusqu'aux ciels, tout n'est  que parjures et trahisons

***

Avant que de basculer  dans le nouveau millénaire, je l'avais déjà nommée, redoutée, fuie. Prémonition, vision aux signes de mauvais augure

Cinquième Saison "

Les majuscules ne l'honorent guère mais confondent et certifient  la forfaiture,  le déni  Anthropocène qui envahissent insidieusement  le quotidien et  les vérités bafouées  de l'automne ...

On oubie l'été Indien, la  noble  référence aux Amériques  et aux Peuples d'antan   louant dépuis le Temps du Rêve le Grand Esprit des mondes tutélaires.

La cinquième saison intrônise et reflète  tout ce  que la modernité, l'excès, l'irresponsabilité, l'incurie, le mensonge et la menée trouble des gouvernants et des déciseurs auront  généré, engendré, cautionné dans l'indifférence de l'arrogance, de la richesse, des profits et de la  dominance.

On vit  à côté  de la crasse amassée, des nuisances  de la  furie consumériste qui  comblent  les affaires et les finances publiques. Sur l'aire commerciale  vastement goudronnée,  saturée d'huile minérale,  montent les touffeurs nauséabondes et accumulées des  sols bitumeux. L'arbre y est un lointain souvenir.

Le résultat est immonde, catastrophique, désastreux. Une souillure, une pollution  d'état, d'édiles  ou d'instances    coalisées. Les nuisances  perverses de la collusion, le rejet et le déchet capitalisés  de la prébende semblent bien  assumés,   l'attentisme, la cécité  s'avèrent juteux.

La Cinquième Saison, c'est la mort des ciels, les terres diluviées et bouleversées   après les sécheresses, les étendues calcinées par manque de moyens de prévention, ces masses colossales d'ordures, l'infecte  tribut  du geste sale  jeté par les fenêtres des villes, des voitures  qui emprunte le moindre  cours d'eau  encombré et qui rejoint la mer, au grand dam des mal élus férus d'excellence éco - logique ! 

Ce sont ces pans de collines   fauves et roussies avant l'heure que les morsures d'un soleil infernal et les  violents coups  de serres et de dômes auront grillés des semaines durant !

La 5 ème saison convoque la moiteur. L'azur vire aux  gris  sales et tenaces des particules, aux boues et  à la sanie  des exutoires  saturés de pluies acides et de mégots, à  ces accès de chaleurs torrides insoutenables quand l'hygromètre  simule le vertige   humide et suffoquant des  latitudes tropicales,  sans les couleurs ... Mouches et moustiques prolifèrent en masse sur les tas d'ordures que chaque destination  tourisme laisse à ciels ouverts ; contamination,  nuages fétides et aéroportés jusque  dans les campagnes. On sort  les tortillons, les huiles essentielles ;  la citronnelle  n'y peut plus rien. Le moustique tigre  menace. On  se gratte au pays de la tempérance climatique...

La ruralité contaminée, engraissée, malodorante se rappelle aux champs  d'horreurs et  tonne, claque à chaque coup de chevrotine. Là où les oiseaux ne sont plus, les tireurs embusqués procèdent à l'hécatombe des Pigeons Voyageurs, des  Migrateurs  en quête de repos et de quiètude. L'oiseau, l'essaim tombent  sur le sol dur, y fait le bruit mat de l'assassinat collectif et de la tuerie gratuite pébliscitée par les rois de France enivrés de chasses acourre ... 

On hurle, on vocifère dans les villages, le portable à la main et  le 4 X4 mal rangé au bord des routes ! Que seront  devenus les us des terroirs,  les  échappées de jadis, l'acte parcimonieux et  mesuré  qui parcouraient dès l'aurore monts et vallons des chaînes de montagne ? 

Et ainsi  les semaines perpétuent un  été hybride, bousculent  l'arrivée de l'hiver,  nient  l'équinoxe, retardent  et faussent les  claires rigueurs du Solstice,  la  vêture des nuages, les profondeurs cristallines du ciel d'octobre insulaire.

Mal être, mal de terre

Que je m'évade comme je m'enfuis éperduement 

vers ces hauts et vastes  lieux de silence et de pureté. La cinquième saison n'y aurait  encore aucun droit de cité. Loin de moi les miasmes des sphères et des hémicycles  insanes auto-proclamés pérennisant  l'impensable défiguration de l'étant.

Je vogue et nous retrouve, tant qu'il est encore temps ! Lecteur, ne me suis pas. Il t'en coûterait maints affects.

La Cinquième Saison ne  s'invite pas, elle régne et grime salement   le regard que l'on porte sur les mondes naturels  en souffrances. En roulant, en chemin, l'on voit  passer sur les bas côtés, par dizaines de milliers,   ces masques sans visage que l'ingratitude et le mépris abandonnent en régnant, en marche, de retour vers la cinquième saison et ses codes barres.

Tant de  carcasses, de charognes  et de  vies  fauchées par la vitesse jonchent le bord de la route, ajoutent à la forfaiture humaine qui ignore et condamne à mort  le  respect de la vie

 

-  MARIN   - 

Mal de Terre Mal être

1 ère Ecriture le 26 Septembre 2021 

_____________________________