A_MON_GRAND_FRERE_MICHEL__CE_TEXTE_ET_CE_CHANT_

 Il craignait la guerre, les mensonges, la cruauté. Il abborrait  la force  et l'autorité qu'il corrélait. Ainsi vivait-il sa  perpétuelle geôle. Il était tout amitié, lien, partage et me  parlait  de Christ en qui  il  confiait ses  obstinants et lancinants tourments. Je l'ai perdu, il me manque, je lui écris comme il  le fit autour des Pensées, des Infinis, du Roseau Pensant qui le passionnaient. Cette chanson d'un groupe  qu'il adorait et dont les accords  lui allaient droit au coeur, à travers  sa camisole, ses puissantes  doses de neuroleptiques ...

Tu me manques tant, Grand Frère, dans ce monde trop dur, impitoyable, insensé

Il y a sur la mer et l'océan  tant de  balcons  qui voyagent vers  tous les mondes. Magie de l'horizon. Un aller et retour incessant entre le numineux du faisceau de la récompense et toutes  les larmes de l'antidestin et de l'absurde ! 

Versants souillés, éprouvants  tombants, irrévocables exodes ...  On y  voit dès lors plus clair et plus profondément, au Levant, au Ponant, au Septentrion, vers la Croix du Sud  les  jours de coup de vent  lumineux. Et le cours des choses va tutoyant  sans fin les desseins pourtant  solennels et pacifiques de l'existence, des grands espaces prodigues de vies  innombrables et si diverses.

Je les retrouve à travers la lecture, les musiques métissées,  l'ivresse sémantique des poètes, les toiles  de nos maîtres qui nous aprennent ensemble  l'émoi, l'amour, la vérité, le partage, la beauté. Un juste destin pour tous !

Au temps affranchi de la durée,  ces pans de conscience éprouvés, passés et livrés  que je revis au coeur de la solitude,  qui m'auront  destiné, orienté, perdu aussi  une  fois de retour vers le carcan et le moule qui dressent  avec le poing le troupeau des âmes  asservies que nous sommes,  que  nous récusons sans fin, égaré et dépourvues de sens ... 

Irrepressible nostalgie, spleen récurrent et tenace, mal à tous les  mondes incurable, violent instinct de révolte ! Je vogue entre  les rets  de la destinée  qui m'absentent de l'être. Je me rapproche  de l'errant, du migrant que je suis, qui me transportent partout ailleurs où règnent la tyrannie, la géhenne, la haute  trahison, la pauvreté et la souffrance, l'exil  et la soif.

Et chaque accroc, chaque blessure, chaque trahison perpétré à l'encontre du  pacte  et des  alliances intemporels  m'interpelle au-delà de la représentation, du prisme déformant de la pensée unique et  conquérante, de la loi  qui  réécrit l'histoire à l'aune du plus fort, du  dominant, ces lois qui contournent  la Loi  originelle aux profits du tyran et des marchands. J'en souffre, terriblement ! 

Tant de forfaits jalonnent la Voie  qui nous était pourtant  tracée. J'en suis consterné, durablement et lourdement  affecté. Je les découvrent, chaque jour, plus encore, à chacun de mes solos dont j'assume la fréquence et le risque et, je  les comprends, les approche en les étudiant ainsi dans le dénuement de l'entendement, près  du coeur.

Fenêtres de vol qui  de loin en loin traquent et révèlent les tragiques et terribles  facettes  d'un monde qui plonge vers le chaos, qui va à la dérive, saisi  d'une cécité condescendante et dangereuse. Ainsi de les combattre en les révélant, en les exposant, en leur opposant  incohérences et obscures opportunités ...

Si la mer, l'océan auront été  pour moi et depuis ma plus tendre et lointaine enfance une manne, une source de vie intarissable, joies, découvertes, accomplissements, ils   n'en demeurent  pas moins ces lieux de prières, ces occasions d'appels à la paix et à la sérénité, ces espaces  oeuvrant à  la  rencontre, au partage et à l'échange que l'on est en mesure d'attendre  d'eux, tout en respectant  durablement leurs fascinantes occasions  d'embrasser la diversité des  mondes.

Que peut évoquer l'astronaute   qui depuis l'espace contemple ce vaisseau tout de bleu vêtu  qui navigue dans le vide sidéral selon les lois vitales  et intemporelles de la gravitation ? Que n'aurions - nous pas provoqué, détruit, bouleversé, évincé  ici - bas depuis  que le monde est mondes, depuis  que les mondes auront cessé de battre d'un même coeur, réchauffés et éclairés   qu'ils furent  pourtant par un soleil unique.

Consternantes vanités rompant  aux invites de la foi comme aux grands desseins de l'étant, sur fonds terrifiants de déréliction, d'abandon de l'homme  dans l'univers. Entité  duelle livrée   à elle-même-même, pris dans la chaîne et la trame de son infime  finitude hiérarchisée à outrance, incapable de pérénniser les bontés de la Nature et les vérités irréfragables  de la vie sur Terre.

Il aura fait de Planète Terre, de la Planète Bleue, de son vaisseau, de  ses merveilleuses contrées un inepte et infâme commerce, une réalité  dévoyée. Horizons barrés, lendemains enténébrés. Les maîtres ont encore et toujours une âme de valet 

Comme un dernier rêve, face à la mer, réveiller l'immémorial chant des vagues et des constellations dont  je suis, à demeure, le passager, le pèlerin, le migrant de toute éternité

A toujours, Frère, Michel, ensemble, poussières dans le Vent, le Chergui, le Simoun, le  Mistral, le Levant

 

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-  MARIN  - 

Mal de Terre _ Mal aux Mondes 

Anthropocène 

1 ère Ecriture et réflexion le 27 Octobre 2021   / En cours 

 

 

 

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