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  Quand les activités extrêmes  soulignent la  beauté des grandes étendues ! Lorsque l'esthétique des formes de corps et la gestuelle qu'elles  suscitent,  ouvrent tant de voies, cheminent vers l'alliance, la complétude,  à l'orée d'un accomplissement  duel ! 

Qu'il nous faille en  animer les pans, les honorer de cette présence à la fois complice et solidaire. Parlons-en. Relater, écrire, évoquer : quelles plus  belles guises de partages,  prodigues de lendemains...? Le marin taiseux confine à une image d'Epinal ; un choix qui relève d'une époque révolue, d'un jeu de rôle résolument et  stérilement  fermé. 

Défaut de témoignages  ?  Comme s'il nous  eût fallu taire l'écho des Arts, de la littérature à la sculpture, cette sève de l'âme qui sourd en  l'esprit de tous les visionnaires, qui recompose le réel à l'aune de l'imaginaire, à l'orée de  la création, au coeur  même d'une redécouverte des choses,  hors cadre, avec cette soif de vie qui subjugue et fascine.

Que deviendrait l'existence sans le récit, l'évocation, le partage de ces moments innombrables faisant le sel et l'eau de la vie ?

Je dirai que les maux sont muets. De ce silence naît l'action, le penser sain, le créé ;  " la souffrance enfante les songes ",  écrivait  Louis Aragon !

Qu'il  me plaise de capter, de  fixer, de figer  ces rapports aux mondes, parmi tant d'autres,   qui se présentent à mes yeux, bien au-delà de soi, pour la Nature, l'homme, l'environnement, sans paraphraser l'auteur du slogan galvaudé... !

Ce qui se prête au regard d'autrui, ce que l'écriture offre en partage n'aurait donc plus de frontière et voyage, au gré de l'époque que nous traversons ensemble ... Ne faisons pas l'économie de ces moments de vie qui rapprochent, révèlent !

L'écriture est une certaine forme de silence, la nuit, au fond de l'insomnie,  qui grave, sillonne et  laisse une humble trace, un  profonde  empreinte  dans la mémoire de la Mer ! N'y entre que l'âme  qui lui est sensible, l'esprit récepteur.

Les mots  rejoignent  la poésie de l'âme comme les accords et les notes usent d'un tout autre langage, encore plus  profond ...

La fin sonne clair, affecte les mimiques de la fatigue, du froid, de la déconvenue  récurrente  ! Le  matin tremble et  bleuit  redoute les frimas. Se lever peine à la charge des contingences ... La perspective de s'exposer coûte comme elle  greve le quotidien, la zone de confort, au refuge des habitudes ; vivre prend un  tournant radical, des accès de gageure.  J'ai habité  ce corps parti à la  dérive de tous ces maux qui préfigurent la fin du voyage.

D'aucuns, empétrés dans le précepte, l'aphorisme, la maxime,  quelque autre cogito n'auront jamais cotoyé l'intensité, l'océan d'un regard confié à l'imprécis de l'immensité où le temps s'égare  

 

_  MARIN _ 

Fragments  d'un Marin à Terre 

1 ère Ecriture le 13 Décembre 2021 

 

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