LIBECCIU__

 

Deux vues d'un site  grandiose que l'hiver magnifie. Traverser le fort coup de vent et la tempête ; y associer dans le décor  figements immémoriaux et éléments de culture, beautés des forces  terrestres et  marines  et engagements extrêmes, les aléas d'une certaine forme d'intéractivité où la nature compose, impose,  commande au flux des  réponses insoupçonnées. La photographie se doit à  l'intantané du regard et à la fulgurance des sens, à la lecture attentive de tout ce qui aurait pu nous échapper et que l'on recouvre en vol, depuis la nuit et la paix de l'âme. Tel un fil d'ariane que la souvenance requiert tant le chemin est long ; garder le cap de la souveraine clarté et  de la transparence des choses, de nos rapports aux mondes.

______________________________

 

" Il faut ouvrir les yeux pour laisser venir à soi l’immense puissance biologique de la nature "

Sylvain TESSON

 

*** 

 

A la photographie et à l'image qui en résulte, quelque soit le support,  les origines !  Depuis la pleine nature et les grands espaces, les témoignages qu'elles rendent des pratiques et des aventures  extrêmes,   que  l'environnement et le milieu souverains déterminent,  engendrent, optimisent à l'orée  de la beauté.

A l'encontre de  ces griefs maladroits et scolastiques venant çà et là, à l'envi,  jeter l'huile  et l'acide caustiques  sur les brasiers de la rumeur, les arcanes du jugement de valeur, la dénégation de l'épreuve analogique et  numérique. 

Résolument éloigné  de tout souci égocentré,  de ce moi   " surdimensionné ",  comme d'aucuns l'évoquent  ouvertement  depuis les sphères  du nouvel antre  philosophiquement correct, que  je loue encore le procédé, le principe, la révolution des Lumières, je  veux dire des Frères sans lesquels manqueraient à l'appel les racines de la mémoire, les semences du futur.

Il y eut les graphismes et les arts premiers  d'Altamira, de la grotte  Cosquer, de Lascaut, de  Chauvet, les gravures  du Hoggar, du Bush. Les grandes toiles  et le génie des maîtres leur succédèrent, se lachant  à travers le dédale ouvert  de tous les courants, des cosmogonies, des Saintes Ecritures.

Puis  vint la photographie, une  autre forme d'expression  allant l'amble de son temps  et des époques, révèlant, fulgurant  et hallucinant  le réel. Nous fîmes un bon de géant  à travers le temps et l'espace, découvrant au-delà du quotidien des pans entiers de Civilisation, de culture, de contrées, de conditions  humaines ! Témoigner prit forme, dans le fond, toucha le coeur et la compassion, sublima le corps, abonda généreusement l'âme et l'univers du sensible.

Quant au soucis  de l'esthétique, à la recherche de la beauté et de la vérité authentiquement naturelles, ne nous en privons pas, dès lors  que tout concourt à la révélation  pacifique et respectueuse de la vie, du cadre et des mondes sains qui nous accueillent  et nous réfugient.

 

VIVRE_LE_COUP_DE_VENT___COMME_LE_GRAVER_

 

Puissant LIBECCIU vers quelque finistère insulaire oublié ; depuis l'hiver ! 3.7 m2 très chahuté et JP Australia RTQ ... Souvenance au coeur de la Passe. Juste de passage. Le temps plie la roche, le schiste, synclinal ! Une croix sur l'amer pointe la chapelle des hauteurs esseulée. Le vent règne en maître, l'entre-deux îles ouvre vers Liguria, Capraïa. Ne casse pas, marin, ne perd pas le sens de la courbe. Sous le vent de l'Île verte, d'un songe  Giraglia, le vent prend des tours au compteur des - illusions ! Cris

__________________________________

 

Et si  la quête d'images, l'usage de la photographie, le recours au rappel du cliché circonstancié 

-  qui déplaisent à certains très en vogue et en vu  dans les médias... La  photo,  que d'aucuns fustigent  et qualifient  comme une éviction, un appauvrissement  du réel au profit  de l'exiguité  numérique. La photographie systématique  intrônisant l'excès de virtuel, l'artifice, la pléthore  des vues  embraquées ( En référence aux  concepts Go-Pro très sophistiqués, à l'image 4 - 8 et 16 K ) -

venaient  et se portaient  justement au secours d'une réalité menacée, en sursis, dévastée ou en passe de l'être, quel que soit le milieu, les grands espaces, la faune et la  flore qui les définissent ?

Il me semble opportun  de ne jamais porter le jugement de valeur, cette plaie de l'esprit confinant à l'ostracisme et  au sectarisme. Quant à la généralisation du lieu commun, s'en garder, comme d'une voie sans issue, résolument stérile ... Vivre avec son temps, user  de ces opportunités heureuses  qui nous rapprochent  de la source, telle une éducation, une formation au décodage de l'environnement et ses infimes, infinies richesses ! 

La photographie, l'image, cette possibilité qui nous est  offerte de figer, d'immortaliser l'instant et l'univers qui le conditionne à l'orée  de l'émoi, de la découverte, de la chaleur  humaine, d'une expérience, du détail de la vie quotidienne, de l'insignifiance du sujet convoité  prenant  sitôt  des proportions inimaginables et si vraies ! Tant de fenêtres ouvertes, tant de vitraux et de prismes oniriques  qui nous aident à décrypter encore plus profondément  la réalité, ce qui se cache derrière l'apparence de choses, des métamorphoses, de la diversité, de l'unicité.

Certes, l'usage inconsidéré que l'on pourrait en faire ternirait les versants, les tombants du possible, ôtant peut - être les sels  et les charmes de l'existence, du moment privilégié que l'on appréhende au premier chef avec les sens, en  son âme  et conscience ! Cependant, n'extrapollons guère  le propos et laissons à tout un chacun le choix et l'occasion  de recomposer, de garder, de sublimer les mondes à sa façon, depuis les rives de la souvenance, les mystères et les profondeurs  d'une mémoire commune, les féeries d'un rêve devenu réalité prégnante à travers laquelle interagir, échanger, partager ! 

L'image revient en boucles, elle réveille en soi l'écriture et le penser, l'inclination poétique et le chant, la toile de maître qui se déploie au premier des regards attentionnés, perméable, sensible, aimant, libre  que nous devenons  dès lors, un appareil à la main !

Composer, travailler au champ visuel, chromatique, artistique, entre figement et mouvement, au fil des jeux de la lumière du soleil et des nuages, de la prédisposition du moment, de la quête d'esthétique  et de vérité, d'une  histoire à réécrire en silence, avec  force  suggestions, préciosités ...

Assister  sous ses yeux à  la génèse   de l'instant. Partir  à la recherche de ce qui  fut  et ne sera  jamais plus  de même. Comme une distension de l'espace - temps, sans distorsion aucune, une  toute autre dimension que les sens sans  prise sur le réel réinventaient, en esprit, regagnant  sans fin   la quintessence de la  matière palpable,  le  chant de la noria  et de ses fragrances à venir ...

Aucune  manifestation de l'égo n'est  ici à déplorer, à redouter, à  fustiger  comme s'évertue  à l'évoquer la critique aisée,  décalée,  divorcée de son temps,   avant que d'être infondée vis à vis  d'un domaine désormais légitime, intouchable,  intime, consensuel ...

J'accorde à la photographie cette part, ce supplément d'âme que le peintre esquisse du bout des doigts, que le musicien accorde au diapason des nuances et des couleurs sans noms ;  bouquets de vies précieuses, parties intégrantes du Tout. Réapprendre à voir, à regarder, à toucher du regard l'au-delà de l'onde ! 

La photographie est une épiphanie ; renaissance de l'ombre, sacre de la lumière, inextinguible recomposition, langage sans parole qui sied à la profondeur d'un unique regard ! Et d'y être, après que d'y avoir été, au-delà du temps ! Témoignages, récits visuels. Palingénésie 

 

- MARIN - 

Articles Personnels - Réflexion - Photographie - Arts Majeurs - Expression - Esthétique 

1 ère Ecriture  / En cours _ Le 21 Décembre 2021, suite à une longue marche à travers le maquis 

_________________________________